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Jacob Hill, soldat de la Garde nationale d’Alabama, est décédé lors d’une mission à Washington, D.C., suscitant l’hommage d’une famille qui le décrit comme un homme humble, dévoué et presque « un super-héros ». Transféré dans le cadre d’une mobilisation décidée par le président Donald Trump cet été, ce sergent de 30 ans avait une vie riche et une forte implication tant dans son service militaire que dans sa famille.

James Hill, son père, se souvient d’un garçon au cœur chaleureux. Déjà enfant, Jacob faisait preuve d’un sens du devoir et de la protection, prenant soin de sa petite sœur avec une bienveillance naturelle. En octobre dernier, il faisait partie des près de 200 soldats de la Garde nationale d’Alabama envoyés à Washington dans le cadre de cette mobilisation. Le 13 novembre, il est décédé suite à un problème médical alors qu’il séjournait dans un hôtel en Virginie avec son unité. Les autorités militaires précisent que cette mort n’est pas liée à une activité opérationnelle.

La famille n’a pas encore reçu le rapport médical détaillant les circonstances exactes de son décès. Jacob Hill servait en tant que militaire policier et laisse derrière lui son épouse Autumn, ainsi que leurs deux filles, Oaklin (9 ans) et Ella (10 ans). L’armée a organisé une cérémonie commémorative en Virginie et les funérailles avec honneurs militaires sont prévues en Alabama début décembre.

Un athlète intelligent et curieux

Les proches de Jacob le décrivent comme un homme simple, généreux et avide d’apprendre. Sa mère, Sharay Gay, évoque un fils « très respectueux », doté d’une « âme ancienne » et « presque comme Superman » dans la manière dont il prenait soin de ses filles et aidait à la garde de ses petits-cousins.

Originaire des petites villes de Sylacauga et Alexander City, en Alabama, Jacob menait en parallèle des activités civiles : technicien en électronique dans un hôpital local et un passage à la caserne des pompiers de Sylacauga. Il était également surnommé « Bobby », un nom hérité d’une affectation aléatoire lors de son travail dans une usine Honda à Lincoln, Alabama, rappelant un personnage de dessin animé.

Sa sœur Breanna le décrit comme un « personnage atypique » aux intérêts très variés. Sa belle-mère Amy Hill raconte qu’il aspirait à devenir « un génie », fasciné par le savoir, toujours avide de recherches et d’informations, parfois au point de se laisser distraire, comme cet incident où, captivé par un livre de la série Harry Potter, il est tombé dans une grille dans la rue.

Issu d’une famille avec une longue tradition militaire – notamment par son grand-père vétéran –, Jacob Hill s’est engagé dans la Garde nationale juste après son diplôme de lycée. Il a suivi sa formation de base à Fort Leonard Wood, Missouri, et s’est ensuite distingué comme chef d’équipe au sein de la 1166ème compagnie de police militaire. Sa carrière militaire l’a mené à Guantanamo Bay, au Koweït, au Botswana, ainsi qu’à la frontière américano-mexicaine.

Sa sœur insiste sur sa discipline et sa résilience, renforcées par ses pratiques sportives en football et lutte à l’école, et surtout sur son profond désir de servir son pays, qu’il aimait sincèrement.

Avant sa mobilisation à Washington, Jacob avait passé un dernier moment précieux avec sa famille lors de leur visite annuelle dans un champ de citrouilles. Bien qu’il ne divulguait que peu de détails sur sa mission à venir, la famille savait qu’il ne serait pas présent pour Thanksgiving.

Selon son père, avant chaque déploiement, il accomplissait deux rituels : nettoyer les gouttières de la maison et s’assurer que son père veillerait à ses filles en son absence. Ses filles étaient pour lui « son monde entier ».

Sa sœur note avec émotion que Jacob ne se préoccupait pas de lui-même, mais uniquement de la protection et du bien-être de ses enfants. Elle souligne l’ironie tragique selon laquelle, après plusieurs déploiements à l’étranger, c’est durant une mission sur le sol national que la famille a perdu un être cher.