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Le Département de la Défense menace de rappeler le sénateur Mark Kelly (D-Arizona), vétéran de la Marine à la retraite, à son service actif pour faire face à une éventuelle cour martiale ou à des mesures administratives, une semaine après que lui et cinq autres parlementaires ont diffusé une vidéo incitant les soldats à ne pas obéir aux ordres contraires à la loi ou à la Constitution.

« Nos lois sont claires ; vous pouvez refuser les ordres illégaux », déclarait Kelly dans cette vidéo publiée le 18 novembre. Plusieurs autres membres du Congrès y exprimaient des messages similaires, notamment la sénatrice Elissa Slotkin (D-Michigan), les représentants Chris Deluzio (D-Pennsylvanie), Jason Crow (D-Colorado), Maggie Goodlander (D-New Hampshire) et Chrissy Houlahan (D-Pennsylvanie).

Il est important de souligner que ni Kelly ni les autres élus présents dans la vidéo n’ont directement accusé l’ancien président Donald Trump ou des membres de son administration d’avoir donné des ordres « illégaux ».

En réaction, Trump et certains membres de son administration ont qualifié les propos des parlementaires de « trahison », estimant qu’ils portaient atteinte à la discipline militaire.

Le lundi suivant, le Pentagone a publié un communiqué indiquant avoir reçu « de graves allégations de mauvaise conduite » à l’encontre de Mark Kelly, désigné dans ce texte comme un capitaine de la Marine à la retraite, et non comme un sénateur en exercice.

« Conformément au Code uniforme de justice militaire (Uniform Code of Military Justice, UCMJ), 10 U.S.C. § 688, ainsi qu’à d’autres règlements applicables, un examen approfondi de ces allégations a été engagé afin de déterminer les mesures à prendre, qui pourraient inclure un rappel au service actif pour une procédure de cour martiale ou des mesures administratives », précise le département. « Cette affaire sera traitée conformément au droit militaire, en garantissant le respect du processus légal et l’impartialité. Les commentaires officiels ultérieurs seront limités afin de préserver l’intégrité de la procédure ».

Le communiqué rappelle par ailleurs que tous les militaires ont l’obligation légale d’obéir aux ordres licites, et que tout ordre est présumé légal.

« La philosophie personnelle d’un militaire ne justifie ni n’excuse la désobéissance à un ordre par ailleurs légal », souligne-t-il.

Selon l’article 2 du Code uniforme de justice militaire, les militaires retraités peuvent être rappelés au service actif pour faire face à des poursuites, explique le lieutenant-colonel à la retraite Colby Vokey, aujourd’hui avocat représentant des militaires. Toutefois, la jurisprudence à ce sujet reste floue, et si le Pentagone décidait de rappeler Mark Kelly, celui-ci pourrait contester cette décision en arguant que le département de la Défense n’a pas compétence pour cet éventuel délit.

Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a indiqué sur les réseaux sociaux que Mark Kelly est le seul des six parlementaires à demeurer sous la juridiction du code militaire :

« Cinq des six personnes présentes dans cette vidéo ne relèvent pas de la juridiction du Département de la Guerre (un est à la CIA et quatre sont d’anciens militaires non retraités, donc hors du champ d’application du UCMJ). En revanche, Mark Kelly (capitaine de la Marine à la retraite) est toujours soumis au UCMJ – et il le sait. »

Extrait complet du communiqué du Pentagone :

Le Département de la Guerre a reçu de graves allégations de mauvaise conduite à l’encontre du capitaine Mark Kelly, USN (retraité). Conformément au Code uniforme de justice militaire, 10 U.S.C. § 688, ainsi qu’à d’autres règlements applicables, un examen approfondi de ces allégations a été lancé afin de déterminer les prochaines mesures, pouvant inclure un rappel au service actif pour une procédure de cour martiale ou des mesures administratives. Cette affaire sera traitée dans le respect du droit militaire, garantissant un processus équitable et impartial. Les commentaires officiels resteront limités afin de préserver l’intégrité des procédures.

Le Département de la Guerre rappelle à tous que les militaires retraités restent soumis au UCMJ pour les infractions applicables, et que des lois fédérales telles que le 18 U.S.C. § 2387 interdisent les actions visant à saper la fidélité, le moral, ou la bonne discipline des forces armées. Toute violation sera traitée par les voies légales appropriées.

Il est rappelé à tous les militaires qu’ils ont l’obligation légale d’obéir aux ordres licites, lesquels sont présumés tels. La philosophie personnelle d’un militaire ne peut justifier ni excuser la désobéissance à un ordre légal.