Alors que le commandant de bord indien Namansh Syal perdait la vie dans un accident de son avion Tejas lors du Dubai Air Show, un pilote américain de F-16, Taylor « FEMA » Hiester, se préparait pour son propre spectacle à seulement quelques centaines de mètres. Ce pilote de démonstration de l’US Air Force attendait son tour lorsque la tragédie s’est produite.
Face à cet événement tragique, Hiester et plusieurs autres équipes ont décidé d’annuler leur prestation, en hommage au pilote indien, à ses collègues et à sa famille. Pourtant, les organisateurs du salon ont choisi de poursuivre le programme, reprenant les démonstrations aériennes devant un public resté en place.
« Nous avons observé en silence les conséquences »
Dans un témoignage poignant publié sur les réseaux sociaux le lendemain, Taylor Hiester a qualifié de « choquante » la décision des organisateurs de continuer le spectacle. Il a exprimé son malaise face à l’enthousiasme du public lors des représentations suivantes.
Il explique que son équipe était en train de préparer leur F-16 pour la démonstration lorsque l’accident a eu lieu :
« Bien que le spectacle ait pris la décision étonnante de poursuivre les vols, notre équipe, ainsi que quelques autres, a choisi d’annuler sa dernière prestation par respect pour le pilote, ses collègues et sa famille », écrit-il.
Cette tragédie a particulièrement marqué l’équipe, d’autant qu’elle survenait juste avant leur ultime démonstration de la saison. Hiester décrit la scène qu’ils ont observée à distance :
« Nous avons tous regardé en silence les suites de l’accident… en pensant aux membres de l’équipe de maintenance indienne debout sur le tarmac, à côté d’une place de parking vide, à l’échelle d’accès posée au sol, aux effets personnels du pilote encore dans sa voiture de location. Chacun de nous a dû envisager cette nouvelle réalité survenue en un instant. »
« Je m’attendais à ce que le site soit désert… ce ne fut pas le cas »
Peu après, Hiester a parcouru le site en pensant que l’ambiance refléterait la gravité de l’accident. Mais il a été surpris :
« Une à deux heures plus tard, je pensais que le site serait vide, que tout serait arrêté », raconte-t-il. « Pourtant, il était toujours plein, avec un public qui continuait à regarder les démonstrations suivantes alors que le spectacle se poursuivait. »
Ce décalage l’a profondément perturbé. Il a reconnu que son malaise était aussi lié à l’idée que son équipe aurait pu quitter cette enceinte sans lui, « avec du rock dans les haut-parleurs pendant qu’une autre équipe se produit ».
Une leçon de lucidité
Malgré cette expérience déstabilisante, Hiester confie que cet instant lui a donné une prise de conscience saisissante — un retour à la réalité brutale au cœur de l’éclat des uniformes, de la musique et du spectacle.
« Ce choc violent d’une normalité étrange, presque décalée, était en quelque sorte un cadeau », confie-t-il.
« Juste avant la dernière représentation, lors du dernier spectacle, la dernière fois où nous portions tous notre uniforme ensemble, cette vérité m’a éveillé — malgré les apparences, les traitements de stars, les dîners de gala et les loges des sponsors, mon équipe, devenue ma famille, a toujours été tout ce que j’avais. »
Il conclut en affirmant que cette leçon l’accompagnera bien après ses années de pilote de démonstration — et qu’elle s’applique selon lui à tout un chacun.
Le témoignage de Taylor Hiester a largement touché la communauté des pilotes et des passionnés d’aviation dans le monde entier, saluant son respect, son empathie et sa solidarité envers la Force aérienne indienne suite à la perte du commandant Syal.