Les nouvelles données de transparence de la plateforme X apportent une preuve irréfutable qu’un réseau d’une poignée de comptes pro-indépendance écossaise, dont plusieurs ont brièvement relayé des thèmes favorables à l’Iran lors de la coupure générale de juin, était en réalité opéré depuis l’intérieur de l’Iran, sous couvert d’activistes écossais.
Ces révélations confirment les analyses précédentes publiées par le UK Defence Journal, qui suivait depuis plusieurs mois un échantillon restreint de comptes liés à ce réseau plus large. La récente mise à jour de X valide désormais ce que les indices comportementaux laissaient présager depuis longtemps.
La première enquête du UK Defence Journal portait sur quelques comptes a priori ordinaires de partisans de l’indépendance écossaise. Employant des images emblématiques, un langage local et des références culturelles écossaises, ces comptes présentaient néanmoins des traces techniques inquiétantes. Ils étaient souvent liés à des relais de propagande iranienne, et tous s’étaient tus au même moment exact où l’Iran connaissait une panne générale d’Internet en juin dernier.
À ce stade, le schéma semblait convaincant mais restait fondé sur des déductions, faute d’accès aux métadonnées internes des comptes, qui auraient permis d’identifier précisément la localisation des opérateurs.
La nouvelle fonctionnalité de transparence intégrée par X a modifié la donne : la plateforme affiche désormais une information limitée sur l’origine des comptes, notamment en indiquant l’App Store via lequel l’appareil utilisé accède au service.
Pour le groupe de comptes suivi par le UK Defence Journal, les panneaux de transparence indiquent une connexion via l’App Store iranien, avec un routage simultané à travers des serveurs VPN situés aux Pays-Bas. Cette configuration est présente pour tous les utilisateurs qui ont cessé leur activité pendant la panne iranienne, ainsi que pour plusieurs comptes associés affichant le même comportement.
Le lien entre l’App Store iranien et les VPN néerlandais fournit la preuve tangible jusque-là absente.
Ces comptes suivent un schéma de création similaire, chacun changeant une seule fois son nom d’utilisateur dès l’inscription. Leur rythme de publication est étonnamment coordonné, avec des contenus postés à intervalles réguliers, loin des habitudes variées d’utilisateurs écossais authentiques. Les profils affichent des signes caractéristiques de fabrication, tels que des images aux artefacts typiques d’intelligence artificielle et des biographies présentant des identités écossaises sans aucune présence vérifiable en dehors de X.
Le comportement pendant la coupure d’Internet en Iran reste l’indicateur opérationnel le plus clair. Chaque compte de l’échantillon suivi s’est tu exactement au moment de la perte de connectivité iranienne, pour ne reprendre son activité qu’après la fin de la panne. Plusieurs ont alors diffusé brièvement des messages pro-Iran ou anti-occidentaux avant de revenir à des publications centrées sur l’indépendance écossaise. Avec la confirmation des données de transparence reliant les opérateurs à l’App Store iranien, cette séquence s’interprète désormais comme une conséquence directe de la coupure et non une simple coïncidence.
Ces comptes amplifient réciproquement leurs publications en quelques secondes, recyclent les mêmes slogans et agissent en quasi-synchronisation. Ils donnent l’illusion d’un groupe écossais indépendant, dynamique et diversifié, alors qu’il s’agit en réalité d’une opération d’influence étrangère. Les nouvelles données d’origine confirment la source réelle de cette activité, éliminant tout doute restant.
Il est important de souligner que ces découvertes ne remettent pas en cause l’authenticité du mouvement indépendantiste écossais. Les véritables défenseurs expriment leurs idées ouvertement et de manière transparente. Ce révélateur concerne uniquement la présence de faux profils écossais, contrôlés depuis l’étranger, qui s’immiscent dans un débat légitime s’attachant aux citoyens d’Écosse.
Ce type d’activité perturbe la perception de l’ampleur et du ton de l’opinion publique, induisant en erreur les internautes quant à leurs interlocuteurs réels. Les opérations de désinformation iraniennes ciblent depuis longtemps des questions politiques clivantes au sein des démocraties occidentales, et le débat constitutionnel écossais s’est avéré un canal approprié pour de telles ingérences.
La dernière mise à jour de X apporte la confirmation la plus claire à ce jour : l’échantillon restreint suivi par le UK Defence Journal faisait partie d’un réseau orchestré depuis l’Iran, dont la présence dans l’espace numérique politique écossais pose un enjeu majeur pour l’intégrité du débat public au Royaume-Uni.