Le ministère de la Défense britannique intensifie ses efforts pour moderniser les capacités sonar de la flotte de surface de la Royal Navy, en s’appuyant notamment sur l’intelligence artificielle (IA) et l’apprentissage automatique.
Dans un récent échange parlementaire écrit, Andrew Rosindell, député conservateur de Romford, a interrogé le ministère sur les mesures prises pour améliorer les performances sonar des bâtiments de surface de la Royal Navy, tant en termes de développement technologique que d’intégration sur les plateformes existantes et à venir.
Répondant au nom du ministère, le ministre d’État Luke Pollard a souligné les travaux en cours dans le cadre du Defence Innovation Anti Submarine Warfare Spearhead Programme. Il a précisé que ce programme vise à « accélérer la compréhension par la Marine des capacités avancées ».
Les progrès portent notamment sur « l’optimisation des capteurs, le machine learning et l’intelligence artificielle, afin d’améliorer les capacités sonar au sein de la flotte de surface ».
Pollard a également évoqué les investissements ciblés réalisés sur le système de remorquage acoustique actuel. Il a indiqué que les améliorations apportées au système sonar ASM 2087 ont permis d’accroître les performances des frégates de type 23. Ces avancées technologiques sont prévues pour être intégrées aux futures frégates de type 26 lors de leur mise en service, marquant ainsi une transition générationnelle des systèmes de lutte anti-sous-marine.
Par ailleurs, le ministère a confirmé les progrès dans le développement de systèmes de détection acoustique pilotés par intelligence artificielle dans le cadre du programme Atlantic Bastion. Cette initiative s’inscrit dans la volonté du Royaume-Uni de sécuriser le Nord-Atlantique face aux menaces sous-marines.
Selon le ministre de la Défense Al Carns, « Atlantic Bastion est un ensemble de programmes destinés à sécuriser le Nord-Atlantique pour le Royaume-Uni et, en soutien à l’OTAN, face à une diversité de menaces sous-marines ».
Le programme prévoit le développement de capacités renforçant les systèmes existants tout en déployant de nouvelles plateformes pour soutenir les opérations anti-sous-marines de la Royal Navy.
Carns a également confirmé que via le pilier 2 d’AUKUS, le Royaume-Uni, l’Australie et les États-Unis collaborent au développement d’un algorithme destiné à soutenir les systèmes de traitement des aéronefs de patrouille maritime. Cette coopération devrait impulser les futures avancées dans les systèmes acoustiques alimentés par IA, qui seront intégrés au réseau numérique de ciblage britannique pour optimiser la coordination entre capteurs, navires et aéronefs.
Le plan d’investissement de la Défense inclura des options capacitaires dans le cadre d’Atlantic Bastion, avec un accent particulier sur des équipements déployables depuis la force de frégates de type 26. Ces nouvelles frégates anti-sous-marines constitueront un pilier central du dispositif Bastion, combinant sonars de pointe, véhicules sans équipage et outils de traitement numérique.
Enfin, Carns a souligné que la participation du Royaume-Uni aux programmes technologiques d’AUKUS, conjuguée à la collaboration avec l’OTAN dans les régions de l’Atlantique Nord et de la Baltique, garantira aux forces britanniques de « rester à la pointe des capacités de détection acoustique et de surveillance sous-marine ».