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Le calendrier de livraison du nouveau radar européen commun ECRS Mk2 destiné au Typhoon dépend étroitement de l’avancement du programme Eurofighter, notamment les améliorations prévues lors de la phase 4. Cette précision a été apportée à travers une série de réponses écrites au Parlement britannique, qui éclairent aussi le rythme des commandes et l’ensemble du programme d’évolution de l’Eurofighter.

Ben Obese Jecty, député conservateur de Huntingdon, a interrogé le ministère de la Défense sur « les principaux défis encore à relever pour la livraison du système radar européen commun Mk2 », se référant au rapport annuel 2024–2025 de l’Autorité nationale de la transformation des infrastructures et des services. Sa question visait à identifier les obstacles susceptibles de retarder la mise en service par la Royal Air Force, prévue d’ici 2030.

En réponse, le ministre d’État Luke Pollard a expliqué que les difficultés majeures « tournent essentiellement autour du programme international de capacités Eurofighter, dit Phase 4 Enhancements, qui doit apporter les modifications significatives au système avionique nécessaires à l’intégration du radar britannique ».

Il a ajouté que des travaux se poursuivent avec NETMA et les partenaires européens afin de garantir que « la portée du programme international inclut toutes les fonctionnalités essentielles demandées par le Royaume-Uni, avec une priorisation permettant à la RAF de tester et de déployer le radar ECRS Mk2 à temps pour 2030 ». Ce calendrier correspond à un mandat sur lequel ont convenu les quatre pays partenaires à l’Eurofighter en mai 2025.

Ces échanges font suite à des questions écrites posées plus tôt dans la saison portant sur des sujets connexes. James Cartlidge, également député, avait demandé quels plans existaient pour « accélérer l’acquisition du radar E-Scan pour la Royal Air Force ». Luke Pollard a répondu que le Royaume-Uni, les partenaires Eurofighter et l’industrie travaillent conjointement à travers les Phase 4 Enhancements pour mettre l’ECRS Mk2 en service d’ici la fin de la décennie, précisant que « des opportunités d’accélérer le développement et les essais sont à l’étude ».

Cartlidge s’était aussi enquéri d’éventuelles discussions entre le secrétaire d’État et le futur chef d’état-major de l’air pour l’accélération du programme. Pollard a indiqué qu’« aucun échange n’a encore eu lieu à ce sujet ». Concernant le budget, il a confirmé qu’un financement approuvé de 2,35 milliards de livres sterling est alloué à la livraison du radar commun Eurofighter Mk2 dans le cadre des Phase 4 Enhancements, avec des contrats de développement déjà attribués tandis que les contrats de production et d’intégration restent à venir.

Ces discussions parlementaires interviennent alors que le site de développement radar de Leonardo à Édimbourg poursuit des travaux intenses. Les ingénieurs préparent le système pour son intégration future. Le radar ECRS Mk2 est un radar à antenne active à balayage électronique (AESA) qui combine la détection classique avec des fonctions avancées de guerre électronique et d’attaque électronique. Contrairement aux radars mécaniques traditionnels, qui balaient à l’aide d’un faisceau unique orienté physiquement, la technologie AESA utilise des milliers de modules émetteurs/récepteurs pour diriger plusieurs faisceaux par voie électronique. Cela permet un suivi quasi instantané, une fiabilité accrue et une meilleure résistance au brouillage.

Les ingénieurs de Leonardo expliquent que ce radar se distingue par sa capacité à effectuer simultanément des missions air-air, air-sol et des opérations d’attaque électronique. Le design AESA offre aux opérateurs un contrôle très précis de la direction énergétique, facilitant la détection précoce et une analyse plus approfondie du comportement électromagnétique des cibles. Selon les acteurs du projet, cela renforce les capacités du Typhoon dans des espaces aériens complexes, élargissant son rôle bien au-delà de la simple défense aérienne vers des missions de suppression et de perturbation des défenses adverses. Les incertitudes techniques et programmatiques évoquées s’intègrent dans un effort global de modernisation de l’avionique et d’introduction d’un radar qui marque un tournant important pour l’appareil.