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Un appareil militaire chinois a été détecté près de l’île de Hainan en utilisant l’identité électronique d’un chasseur britannique Eurofighter Typhoon sur le système ADS-B, mettant en lumière les vulnérabilités de ce protocole de transmission.

Hier, des services de suivi des vols ont révélé qu’un aéronef chinois opérait autour de Hainan tout en diffusant l’identité du Typhoon ZK334 de la Royal Air Force, avec l’indicatif radio YILO2400. Le comportement de l’appareil observé sur la carte ne correspondait évidemment pas aux caractéristiques de vol d’un Eurofighter.

La trajectoire restait proche de l’espace aérien chinois et s’est achevée sur l’île de Hainan, à proximité de zones connues pour les activités de systèmes sans pilote chinois. Les données utilisées provenaient de récepteurs volontaires dispersés et ont été suffisamment stables pour suivre le déplacement de l’aéronef sur une durée significative, avec un schéma cohérent.

La vitesse et l’altitude maintenues étaient compatibles avec un drone de surveillance ou de renseignement à moyenne altitude, plutôt qu’avec un avion de chasse supersonique tel que le Typhoon. L’absence de phases de fortes accélérations, de montée abrupte ou de virages serrés était un indice important. La route a suivi une section d’espace aérien fréquemment utilisée par l’aviation militaire chinoise avant de se diriger vers un site vraisemblablement dédié aux opérations de drones.

L’utilisation d’un code hexadécimal typique de la RAF par un appareil évoluant dans l’espace aérien chinois n’est pas en soi alarmante. En effet, le système ADS-B ne possède pas de mécanismes d’authentification robustes, ce qui permet à tout aéronef équipé d’un transpondeur programmable de diffuser une identité appartenant à une autre plateforme.

Cette faille technique, connue depuis plusieurs années par les chercheurs en aviation, illustre ici comment ce type d’usurpation peut se produire en conditions réelles. L’intention derrière le choix de ce code demeure incertaine : il pourrait s’agir d’une expérimentation visant à tester la manipulation d’identité, d’un transpondeur mal configuré lors d’essais de drone, ou encore d’une indication que la Chine explore des méthodes pour masquer l’identité de ses drones pendant les vols d’entraînement.

Les caractéristiques du vol ne laissaient pas penser à un dysfonctionnement ni à une erreur d’étiquetage d’un appareil civil. Il s’agissait clairement d’une plateforme chinoise utilisant une identité qu’elle n’aurait jamais dû émettre.

Pour les observateurs de la région, ce cas rappelle l’importance de vérifier soigneusement les données de suivi, de se fier uniquement aux informations vérifiables et de garder à l’esprit que certains acteurs exploitent désormais le système ADS-B comme un outil modulable à leurs fins opérationnelles.