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Le Royaume-Uni est déjà engagé dans une phase précoce d’un « conflit hybride » avec la Russie, alerte le député Calvin Bailey. Selon lui, l’Europe ne se trouve pas simplement à un moment précurseur d’une guerre, mais bien dans les débuts d’une confrontation prolongée mêlant plusieurs formes de menaces. Ce constat renforce les inquiétudes soulevées dans un récent rapport du Comité de la Défense britannique.

Calvin Bailey, ancien commandant de la Royal Air Force et député travailliste pour Leyton et Wanstead, décrit un conflit actif qui se manifeste par « des cyberattaques, des pressions économiques, des ingérences politiques et des perturbations sociales ». Il insiste sur le fait que les États européens doivent désormais reconnaître cette réalité comme une confrontation durable avec la Russie, et non comme un risque futur.

Ces propos donnent un cadre plus précis aux conclusions du rapport du Comité de la Défense, qui s’interroge sur la capacité du Royaume-Uni à respecter son obligation prévue par l’article 3 de l’OTAN, à savoir résister à une attaque armée. Le rapport souligne que la capacité du pays à défendre son territoire national et ses territoires d’outre-mer est mise à rude épreuve. Il critique également les progrès jugés insuffisants du Programme de Défense du Territoire National ainsi que la coordination gouvernementale encore inadaptée face à l’environnement des menaces actuelles.

Bailey appelle à « une coopération urgente et approfondie avec l’Union européenne et les alliés européens », estimant que le protectionnisme national ne peut répondre à l’ampleur des défis. Le rapport du Comité partage ces inquiétudes, mettant en avant le sous-investissement persistant des membres européens de l’OTAN, leur dépendance continue aux États-Unis, ainsi qu’une base industrielle de défense mal organisée pour assurer une défense collective soutenue.

Un volet majeur des recommandations de Bailey concerne la sensibilisation du public. Il soutient que le gouvernement doit « accroître la prise de conscience des citoyens face aux menaces russes et du rôle essentiel que jouent la société et l’industrie dans la construction de la résilience et de la dissuasion ». Le Comité de la Défense appuie cette démarche en demandant des briefings réguliers à destination du public sur les risques de sabotage et les cyberattaques.

Enfin, Bailey insiste sur le fait que la préparation à la défense ne peut être assurée par les forces armées seules : « Cela nécessite un effort coordonné de l’ensemble du gouvernement, et pas uniquement une réponse militaire ».