La Défense indienne franchit une étape majeure dans le renforcement de ses capacités de surveillance aérienne avec la finalisation de la revue préliminaire et du design des radars double bande du système de surveillance et de contrôle aéroporté (AEW&C) Mk II, développé par la Defence Research and Development Organisation (DRDO). Conçus pour être intégrés à des plateformes Airbus, ces radars promettent d’étendre significativement la portée et la précision des missions de détection et de commandement de l’Armée de l’air indienne.
Le programme AEW&C Mk II répond au besoin urgent de l’Armée de l’air indienne de disposer de « postes de commandement volants » indigènes de nouvelle génération, dans un contexte régional marqué par une intensification des dynamiques aériennes. Héritier de la série Netra basée sur Embraer, ce système s’appuie sur des cellules Airbus A321 offrant une meilleure endurance et capacité de charge. Les radars, cœur du système, combinent une antenne dorsale en bande S pour la détection large portée et une antenne en bande X, placée dans le nez de l’appareil, pour une traque précise des cibles.
La bande S, opérant entre 2 et 4 GHz, excelle dans la surveillance longue distance, capable de détecter des menaces furtives et des aéronefs difficiles à localiser jusqu’à 400 kilomètres, même par conditions météorologiques défavorables. En complément, le radar en bande X (8-12 GHz) assure un contrôle de tir haute résolution, facilitant la classification rapide des cibles et le guidage des systèmes de missiles. Cette double fréquence crée une synergie surpassant les systèmes à fréquence unique précédents.
En 2024, la DRDO, par le biais de son Electronics and Radar Development Establishment (LRDE), a achevé la revue préliminaire de conception (PDR) après une série d’analyses approfondies. Cette étape cruciale, menée en collaboration avec l’Armée de l’air indienne et des organismes internationaux de certification, a permis d’étudier en détail les architectures des sous-systèmes, la gestion énergétique et les compatibilités électromagnétiques indispensables pour passer à l’ingénierie détaillée.
Parmi les avancées techniques notables figurent l’utilisation de modules transmetteurs-récepteurs à base de nitrure de gallium (GaN), offrant une densité de puissance compacte, ainsi que des antennes refroidies par liquide assurant de longues durées de fonctionnement intensif. Le traitement des signaux intègre de l’intelligence artificielle pour rejeter efficacement les interférences, notamment dans les environnements côtiers complexes.
Ces radars ne sont pas de simples capteurs, mais des systèmes intégrés d’action. Le radar en bande S dispose d’une capacité de balayage électronique sur 300 degrés avec une formation adaptative des faisceaux, tandis que le radar en bande X intègre des modes à synthèse d’ouverture pour la cartographie au sol, un atout essentiel pour les opérations conjointes avec les forces terrestres et navales.
Des simulations d’intégration sur maquettes Airbus ont validé la stabilité du mât radar et analysé les impacts aérodynamiques, garantissant que l’autonomie de plus de 10 heures en vol des appareils ne soit pas réduite. « La clôture de la revue préliminaire réduit les risques du programme et confirme la préparation de nos radars à opérer dans un spectre électromagnétique contesté », a déclaré un responsable du projet au DRDO, saluant la collaboration avec Bharat Electronics Limited (BEL) pour la production locale des composants GaN.
Cette réussite souligne un pas important vers une indépendance technologique accrue et une modernisation essentielle des capacités de veille aérienne de l’Inde, face aux défis stratégiques actuels.