Article de 483 mots ⏱️ 3 min de lecture

Selon des sources proches du renseignement, le Pakistan aurait exercé une pression discrète sur la Turquie pour refuser le survol de trois hélicoptères d’attaque Boeing AH-64E Apache destinés à l’Inde, provoquant le retour en vol du gigantesque Antonov An-124 à mi-parcours la semaine dernière.

Ce revirement est d’autant plus surprenant que, plus tôt en 2025, le premier lot de trois Apaches sur un total de six commandés par l’Inde en 2020 avait transit les mêmes espaces aériens turcs sans encombre, entre mars et avril. Ces appareils avaient été acheminés par Antonov Airlines depuis l’usine Boeing de Mesa en Arizona, avec des escales au Royaume-Uni, en Turquie et au Moyen-Orient, avant leur arrivée à la base aérienne Hindon.

Le second et dernier lot, dont la livraison était programmée pour la première semaine de novembre 2025, était déjà prêt à décoller lorsque les autorités turques ont soudainement refusé l’autorisation de survol, invoquant des « raisons techniques et diplomatiques ». L’An-124, qui se trouvait déjà au Royaume-Uni, a reçu l’ordre de retourner aux États-Unis après plusieurs jours d’attente.

Plusieurs sources au sein du gouvernement indien et du renseignement évoquent une intense pression diplomatique orchestrée en coulisses par Islamabad. « La Turquie avait approuvé le plan de vol plusieurs mois à l’avance. Ce refus est intervenu quelques heures seulement après des contrôles de dernière minute », a rapporté un responsable sous couvert d’anonymat.

Le soutien affiché du président turc Recep Erdoğan à la position pakistanaise sur le Cachemire, couplé à la récente désignation de l’Inde par Ankara comme « concurrent stratégique » sur certains marchés des exportations de défense, a facilité la concrétisation de cette demande.

Boeing et Antonov Airlines se sont lancés dans la recherche rapide d’itinéraires alternatifs pour acheminer les trois hélicoptères. Deux options principales sont à l’étude :

  • La route sud : Mesa → Açores → Égypte → Oman → Inde (avec environ 18 heures de vol supplémentaires)
  • La route est : Mesa → Alaska → Japon → Guam → Inde (encore plus longue, mais évitant tout espace aérien sensible)

Ces alternatives nécessitent de nouvelles autorisations diplomatiques ainsi que la reprogrammation de l’Antonov An-124, qui est très sollicité à l’échelle mondiale. Les sources estiment que la livraison ne pourra pas intervenir avant la première ou la seconde semaine de décembre 2025, soit un retard de 3 à 4 semaines.

Les six AH-64E(I) Apaches, équipés du radar de contrôle de tir Longbow, de missiles Hellfire ainsi que de missiles air-air Stinger, sont destinés à deux escadrons de l’aviation de l’armée sous le commandement du 31e Corps d’attaque basé à Pathankot. Le second lot devait permettre la formation complète de la première unité Apache opérationnelle à l’horizon décembre 2025.