Un Mirage 2000 de l’Indian Air Force (IAF) a été photographié pour la première fois équipé d’une antenne Software Defined Radio (SDR), illustrant la volonté de l’armée de l’air indienne d’atteindre une supériorité réseau avancée. Cet équipement moderne, visible sous la forme d’un pod profilé installé sur la partie dorsale de l’appareil, marque une étape essentielle dans la mise à niveau des communications de la flotte Mirage-2000.
Le Mirage 2000H appartient à l’escadron n°7 « Battle Axes », une unité historique créée en 1945, connue pour ses frappes précises, notamment durant la guerre de Kargil en 1999. Basé à la base aérienne d’Ambala, cet escadron opère environ 12 à 15 avions, composés de Mirage-2000H monoplace modernisés et de Mirage-2000TH biplaces d’entraînement. Longtemps réputés pour leur polyvalence, ces avions ont évolué d’intercepteurs à plateformes de frappes profondes équipées de bombes guidées Spice-2000 et de missiles MICA. L’introduction des antennes SDR transforme désormais ces appareils en nœuds de commande et de collecte de données sur le champ de bataille.
Cette mise à niveau SDR répond à des besoins opérationnels apparus lors des frappes aériennes de Balakot en 2019 et des affrontements qui ont suivi, où des communications sécurisées à large bande se sont révélées cruciales pour la coordination en temps réel face aux menaces de guerre électronique. Selon une analyse détaillée, la « révolution silencieuse du SDR » de l’IAF implique le remplacement des radios anciennes par des systèmes logiciels capables d’atteindre des débits de 100 Mbps. Pour la flotte Mirage, qui compte entre 45 et 50 avions répartis dans les escadrons 1, 7 et 9 basés à Gwalior, ces antennes permettent une intégration fluide aux réseaux nationaux tels que le Integrated Air Command and Control System (IACCS), combinant voix, vidéo et données de capteurs pour une conscience situationnelle optimisée.
Le pod SDR, dérivé des technologies Thales ou Elbit et acquis en urgence dès 2019, est compact et offre des fonctions avancées comme le saut de fréquence adaptatif pour contrer le brouillage ainsi qu’une compatibilité multi-formats pour communiquer avec des Rafale, Su-30MKI et même des systèmes SDR au sol. Positionné derrière le cockpit, il préserve l’aérodynamisme tout en améliorant l’efficacité spectrale et l’endurance des missions. « Ce n’est pas simplement un ajout ; c’est une métamorphose, transformant le Mirage en une véritable plateforme de commandement et contrôle volante », confie une source de l’IAF.
La photographie prise par le photographe de l’aviation Norris Haobam, montrant l’appareil en virage avec l’antenne SDR bien visible, a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, alimentant les discussions sur le déploiement progressif de cette technologie. Bien que les autorités aériennes restent discrètes, les informations recueillies indiquent que l’escadron n°7 fait partie des premières unités équipées, avec une généralisation prévue à l’ensemble de la flotte d’ici mi-2026. Ce programme s’inscrit dans une série de modernisations du Mirage, incluant les remplacements de radar RDY-2 et l’intégration envisagée du missile Astra Mk1.
Cette avancée illustre aussi le défi de l’IAF qui cherche à prolonger la durée de vie opérationnelle de ses Mirage jusqu’en 2035, en dépit des retards dans l’introduction du Tejas Mk2 et des hésitations de Dassault à engager de nouvelles mises à niveau. La rénovation partielle réalisée entre 2011 et 2018, ayant coûté près de 11 000 crores de roupies (environ 1,3 milliard d’euros), avait déjà renforcé la flotte, mais les SDR viennent résoudre l’un des principaux points faibles identifiés lors d’exercices récents comme Tarang Shakti 2024, à savoir le maillon faible des communications.