Article de 451 mots ⏱️ 3 min de lecture

Le chef d’état-major général polonais, le général Wiesław Kukuła, tire la sonnette d’alarme : une récente vague de cyberattaques et de sabotages présumés correspondrait à une phase dite « pré-guerre », où un adversaire préparerait les conditions d’une éventuelle agression future.

Dans une interview accordée à la radio polonaise, le général Kukuła a expliqué que la série d’actions ciblant les infrastructures polonaises s’inscrit dans une stratégie plus large visant à déstabiliser le pays et à affaiblir sa capacité de dissuasion. Selon lui, ces incidents construisent « un certain climat » pour façonner le paysage stratégique au profit d’un agresseur.

Cette déclaration intervient alors que les autorités polonaises font face à une inquiétude croissante suite à des explosions et à des dégradations sur une ligne ferroviaire majeure entre Varsovie et Lublin, l’une des routes clés pour acheminer de l’aide à l’Ukraine. Le Premier ministre Donald Tusk a qualifié ces événements « d’acte de sabotage sans précédent » et a averti que les conséquences auraient pu être bien plus graves.

Les commentaires du général Kukuła font écho aux propos du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, qui a récemment appelé à une réforme des achats militaires à l’échelle des efforts de temps de guerre, soulignant « l’urgence croissante » de la situation en matière de sécurité internationale. Le général polonais juge pertinente la comparaison avec les années 1939 ou 1981, insistant sur le fait que l’issue dépendra des investissements réalisés dans la dissuasion par la Pologne et ses alliés.

Interrogé sur la proximité réelle d’une situation de pré-guerre ou d’un état de la Guerre froide à son paroxysme, Kukuła a précisé que les États sont « toujours dans une période pré-guerre », et que la stabilité nécessite une gestion efficace de cette phase. Il a insisté sur trois éléments essentiels pour dissuader toute escalade russe : une résistance crédible, des investissements substantiels dans la défense, et un signal clair de détermination collective des membres de l’OTAN.

Concernant l’incident ferroviaire à l’origine des nouvelles inquiétudes, le général Kukuła l’a qualifié de conforme aux tactiques de guerre hybride, tout en appelant à la prudence dans l’attente de l’évaluation officielle du ministère de l’Intérieur. Il a souligné que le schéma des incidents récents devait être perçu comme une composante d’un environnement global de menace, et non comme de simples actes criminels isolés.