Le Commandement de la guerre navale des opérations spéciales (Naval Special Warfare Command) prépare le lancement d’une école de 10 jours destinée à former ses opérateurs au pilotage et à la maintenance de drones en immersion (FPV – First-Person View). Cette formation inclura la construction des drones, leur réparation, ainsi qu’un exercice final sur le terrain.
Selon une proposition publiée sur un site fédéral de passation de marchés, le commandement chargé des Navy SEALs recherche un prestataire civil capable de développer un programme de formation de 10 jours comprenant 35 heures de cours théoriques, 5 heures de montage pratique de drones, et 40 heures de vol effectif. Cette sollicitation, diffusée par les responsables des acquisitions du Commandement des opérations spéciales des États-Unis (SOCOM), reflète les objectifs exposés dans une “Performance Work Statement” émanant du Naval Special Warfare.
Ce cursus, qui se tiendra deux fois par an, proposera aux opérateurs d’acquérir une maîtrise complète dans le domaine des petits drones FPV adaptés aux opérations sur le terrain. Ils apprendront non seulement à les piloter, mais aussi à souder les composants électroniques, à entretenir les batteries et à assurer la logistique afférente. La première moitié de la formation sera dédiée à la construction et à la maintenance, tandis que la seconde portera sur l’entraînement au pilotage. Il est précisé que la phase de vol ne pourra excéder quatre heures en simulateur : les cours se dérouleront à la fois en intérieur et en extérieur.
Au total, les 80 heures de formation prévoient un entraînement avec tir réel sur des stands certifiés par les experts en armement du Naval Special Warfare.
Un exercice final conclura la formation lors du dernier jour, permettant d’évaluer les compétences pratiques des participants en situation opérationnelle.
Aucune localisation précise du stage n’a été communiquée, si ce n’est qu’il se déroulera dans les installations du contractant sélectionné.
Contrairement à certaines formations actuelles où les militaires évoluent en milieu naturel – forêts humides et brumeuses, terrains difficiles –, cette école offrira un cadre plus confortable comprenant une salle de cours équipée d’un accès internet, de la climatisation, de sanitaires et d’un espace détente. Le lancement de ce programme est envisagé pour janvier 2026.
Au-delà de refléter la volonté des forces américaines d’intégrer pleinement la guerre par drones dans leurs arsenaux, cette initiative illustre également l’évolution continue des programmes de formation au sein des forces spéciales. SOCOM et les unités d’opérations spéciales adaptent régulièrement leurs cursus, tenant compte des priorités stratégiques, notamment par des enseignements linguistiques adaptés aux zones d’engagement. Ces derniers temps, des réformes ont visé à centraliser et à rationaliser les entraînements tactiques et de combat inter-unités.
Par ailleurs, le Pentagone accélère l’intégration de drones variés, utilisés pour la surveillance, les tactiques anti-blindés ou les évacuations médicales. Le défi majeur réside désormais dans la formation aux compétences techniques permettant de construire et réparer ces équipements sur le terrain, garantissant ainsi leur disponibilité dans des environnements complexes. Certaines unités expérimentent déjà la création de laboratoires drones endogènes, contournant ainsi les délais logistiques et les contraintes d’approvisionnement.