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Lord West alerte sur une situation inédite : le Royaume-Uni se trouve désormais « en guerre de fait » avec la Russie, selon ses propos récents. L’intensité et la persistance des actions hostiles menées par Moscou placent l’Europe dans une position stratégique particulièrement fragile.

Lors d’un épisode du podcast du Lord Speaker, Lord West a lancé un avertissement étendu, affirmant que « nous sommes entrés dans une guerre en zone grise. En réalité, nous sommes en guerre avec la Russie ». Il a souligné les tentatives répétées de la Russie pour sonder les infrastructures sous-marines, la présence de drones liés à Moscou, ainsi que l’intensification de la pression militaire russe dans l’Arctique.

Selon lui, « la forte pression exercée dans la région arctique crée de réels problèmes pour les pays scandinaves, ce qui explique pourquoi la Norvège a acquis certaines de nos frégates et collabore étroitement avec nous ».

Lord West a insisté sur la volatilité de la situation et la difficulté d’en sortir : « Il est compliqué d’imaginer comment on pourrait en sortir sans déclencher une guerre totale entre l’OTAN et la Russie. Or, ils la perdraient. Et ce danger, c’est qu’en cas de défaite existentielle, la Russie pourrait commettre l’erreur majeure de recourir à l’arme nucléaire ». Ce risque plane donc sur tout scénario où Moscou ressentirait une défaite catastrophique.

Il a également présenté cette confrontation dans la continuité des erreurs stratégiques liées au conflit ukrainien. « Heureusement que nous soutenons l’Ukraine. Poutine a commis une grosse erreur là-bas », a-t-il expliqué. Lord West a rappelé que les dirigeants chinois ont bien perçu l’ampleur de ce revers, soulignant que Poutine avait assuré à Xi Jinping que l’opération serait brève. « Il a dit : ‘C’est une opération spéciale qui durera trois semaines.’ Or, ce n’est pas le cas. Il a fait une grave erreur stratégique ».

Malgré cela, Lord West a fait remarquer que la Chine continue de soutenir la Russie de manière limitée, un soutien qu’il relie à des relations géopolitiques de longue date. « Les Chinois voient la situation, mais malheureusement ils restent prêts à l’appuyer. Ces liens se construisent et se renforcent au fil des années ».

Enfin, il a replacé ces tensions dans un contexte historique élargi, en les comparant à ses expériences lors du retrait britannique de Hong Kong à la fin des années 1990. Il a décrit le comportement naval chinois à cette époque comme particulièrement agressif et s’est souvenu de visites ultérieures, alors qu’il était chef du renseignement de la défense, où la surveillance chinoise se faisait si manifeste que sa femme plaisantait en disant « bonne nuit tout le monde » lorsque les lumières s’éteignaient.

Lord West of Spithead est un pair travailliste et ancien chef de la Royal Navy. Entré dans la Royal Navy en 1965, il a été Premier Lord de la Mer et Commandant en chef de la Royal Navy de 2002 à 2006. De 2007 à 2010, il a exercé la fonction de ministre chargé de la Sécurité, de la Lutte antiterroriste et de la Police.