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Safran Aircraft Engines confirme que son futur turboréacteur de 120 à 140 kN destiné aux avions de combat indiens de nouvelle génération reprendra strictement les dimensions du moteur GE F414. Cette compatibilité dimensionnelle facilite les mises à niveau et remplacements sur les plateformes existantes et à venir, réduisant ainsi les coûts et complexifiant moins les opérations d’intégration.

Selon des sources proches des négociations entre Safran et le Gas Turbine Research Establishment (GTRE) indien, ce moteur conservera des dimensions proches du F414, avec une longueur d’environ 4 000 mm et un diamètre de 1 100 mm. Cette correspondance des interfaces et gabarits minimise les modifications sur cellule, accélérant ainsi l’intégration. Ainsi, cette motorisation pourra être « plug and play » sur n’importe quel appareil équipé du F414, en Inde comme à l’international, renforçant l’uniformité des flottes et optimisant les coûts de maintenance tout au long du cycle de vie.

Cette nouvelle motorisation s’annonce comme un atout majeur pour des programmes stratégiques tels que le Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA), le chasseur furtif multirôle de cinquième génération, et le Twin Engine Deck Based Fighter (TEDBF), prévu pour les porte-avions de la classe INS Vikrant. Avec une poussée nominale autour de 120 kN, pouvant atteindre 140 kN en mode renforcé, ce moteur offrira des capacités de supercroisière, une signature infrarouge réduite grâce à un refroidissement avancé, ainsi qu’une température d’entrée turbine de 2 100 K pour une efficacité optimale dans le contexte exigeant de l’Indo-Pacifique. Les premiers prototypes de l’AMCA MkI utiliseront une version intermédiaire à 98 kN du F414, tandis que la version Safran-GTRE est envisagée pour la production du MkII au début des années 2030, avec neuf prototypes sur 12 ans pour valider les performances.

Par ailleurs, ce moteur pourrait également équiper une évolution à mi-vie du Tejas MkII, la version améliorée et plus puissante de l’avion léger de combat développé en Inde. Lancé en production en série à la fin des années 2020 avec des F414 pour répondre à la commande de 180 appareils de l’Indian Air Force (IAF), le Tejas MkII pourrait recevoir ce nouveau turboréacteur dans les années 2040, sous réserve d’approbations gouvernementales. Cette mise à niveau répondrait aux besoins accrus en puissance pour améliorer la charge utile, l’autonomie et intégrer les armes de nouvelle génération, notamment les missiles hypersoniques, tout en harmonisant la logistique entre Tejas, AMCA et TEDBF. Comme l’indique un expert, « Cela garantit que le Tejas MkII reste opérationnel et pertinent jusqu’aux années 2050-2060, même dans un contexte où les forces aériennes mondiales s’orientent vers les plateformes de sixième puis septième génération ».

Cette uniformisation présente plusieurs avantages notables. Sur le plan logistique, elle simplifie la gestion des pièces de rechange, la formation des personnels et la maintenance pour plus de 300 appareils déjà équipés du F414 dans l’IAF, dont le Tejas Mk1A, le MkII et les versions à l’export, permettant une réduction des coûts opératoires entre 30 et 40 %. Stratégiquement, elle renforce la capacité de dissuasion face aux avions chinois J-20 et pakistanais JF-17, en permettant d’engager des escadrons homogènes capables d’opérations de longue portée de Ladakh jusqu’aux Andaman. Sur le plan industriel, le transfert complet de technologie aux entreprises indiennes comme Hindustan Aeronautics Limited (HAL) et les acteurs privés doit garantir une chaîne d’approvisionnement locale pour plus de 1 100 moteurs d’ici 2035, créant emplois et débouchés à l’export dans le cadre de la politique « Make in India ».