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Des centaines de militaires de la Garde nationale fédéralisés vont commencer à quitter Portland et Chicago dans les prochains jours, plusieurs semaines après avoir été déployés dans ces villes par l’administration Trump afin de soutenir les forces de l’ordre face à ce qu’elle qualifiait d’escalade de la criminalité et du chaos.

Ce retrait concerne aussi bien les troupes de la Garde nationale fédéralisées et déployées dans leur propre État que celles venues d’autres États, comme des membres de la Garde nationale du Texas. Cette information, initialement rapportée par des médias américains, a été confirmée par un responsable de la Défense. Ce dernier a indiqué à Task & Purpose qu’un grand nombre de soldats seraient rendus sous contrôle étatique, mais que 700 resteraient sous autorité fédérale.

Dans un message publié vendredi soir sur X, le Commandement Nord des États-Unis (US Northern Command) a précisé que « dans les prochains jours, le département procédera à un ajustement et/ou un redimensionnement de sa présence sous le titre 10 à Portland, Los Angeles et Chicago, afin d’assurer une présence constante, durable et à long terme dans chaque ville. Nos troupes déployées dans ces villes (et ailleurs) sont entraînées et prêtes, et seront engagées au besoin pour soutenir les forces de l’ordre et protéger nos citoyens ».

Des centaines de membres de la Garde nationale avaient été mobilisés selon le Titre 10 du code fédéral, qui permet leur activation en cas de rébellion potentielle ou avérée. L’administration Trump avait fédéralisé ces troupes pour protéger les bâtiments fédéraux, accusant les manifestants opposés aux raids migratoires dans les villes d’inciter à la violence.

Les soldats de la Garde nationale de Californie, parmi les membres encore sous contrôle du NORTHCOM après avoir été fédéralisés en juin, quitteront l’Oregon. Cent d’entre eux resteront mobilisés sous statut fédéral mais dans la région de Los Angeles. Par ailleurs, 200 membres de la Garde nationale du Texas déployés à Chicago quitteront l’Illinois, tout en restant en alerte pour d’éventuels futurs déploiements, a précisé le responsable de la Défense.

Pour les troupes fédéralisées dans leur État d’origine, beaucoup resteront en service actif. Trois cents membres de la Garde nationale de l’Illinois resteront mobilisés, tandis que 100 des 200 membres de l’Oregon activés sous Titre 10 continueront également leur mission.

Ce désengagement intervient aussi après plusieurs obstacles judiciaires ayant empêché le déploiement complet des troupes de la Garde nationale, laissant un grand nombre d’entre elles en attente dans des bases militaires. Plus tôt ce mois-ci, en Oregon, la juge Karin Immergut a rendu une décision finale bloquant définitivement le déploiement de la Garde nationale à Portland.

En Illinois, un juge fédéral a temporairement suspendu la mobilisation des troupes en octobre. Ce déploiement visait à soutenir l’opération Midway Blitz du Département de la Sécurité intérieure ; certains agents fédéraux envoyés à Chicago pour cette opération sont déjà partis, beaucoup se dirigeant vers Charlotte, en Caroline du Nord.

Les forces de la Garde nationale activées sous autorité étatique pour appuyer les efforts fédéraux restent mobilisées dans d’autres villes, notamment à Washington D.C., où leur mission a été prolongée jusqu’à l’année prochaine. Par ailleurs, la Garde nationale prépare actuellement la mise en place d’une force de réaction rapide.