Lors d’un défilé militaire à Bakou, l’Azerbaïdjan a présenté pour la première fois en public son nouveau système de défense aérienne stratégique chinois HQ-9BE, renforçant significativement son dispositif multi-couches déjà avancé. Parallèlement, l’Arménie manifeste un intérêt croissant pour le système indien Akash-NG, dans un contexte de renouvellement de sa défense aérienne.
L’Azerbaïdjan a officiellement dévoilé le système HQ-9BE lors de la parade du 8 novembre à Bakou, confirmant ainsi son acquisition récente. Ce système, une version d’exportation du missile sol-air à longue portée chinois le plus avancé, constitue un apport majeur aux capacités de dissuasion stratégique du pays.
Ce nouveau matériel vient compléter un inventaire déjà riche, comprenant notamment les systèmes russes S-300 PMU-2 et israéliens Barak MX. Cette association de technologies russe, israélienne et désormais chinoise offre à Bakou une couverture étagée du court au très long rayon d’action, renforçant son indépendance vis-à-vis d’un fournisseur unique et s’adaptant ainsi aux mutations géopolitiques régionales.
De son côté, l’Arménie fait face aux conséquences de sa défaite en 2020 lors de la deuxième guerre du Haut-Karabakh. Lors d’un récent échange avec l’ex-président Serzh Sargsyan, le Premier ministre Nikol Pashinyan a évoqué la destruction rapide, dès les premières heures du conflit, de la majeure partie du réseau de défense aérienne arménien.
Sur sa page Facebook officielle, Pashinyan a vivement critiqué l’état du système hérité de son prédécesseur : « SS déclarait ne pas comprendre comment il était possible de perdre la moitié des moyens de défense aérienne en si peu de temps lors d’une guerre de 44 jours. Ce n’est pas compliqué : le système de défense aérienne que vous avez laissé – pas seulement des équipements isolés, mais l’ensemble du système – était une ferraille », a-t-il ajouté avec insistance.
Ce constat illustre la frustration profonde de la direction arménienne face à la vétusté de ses forces armées avant 2020, mais aussi l’urgence de leur modernisation.
Dernièrement, l’Arménie s’est tournée vers de nouveaux partenaires afin de rénover sa défense aérienne. La France doit livrer des radars avancés et des missiles courts-portée Mistral, adaptés à la défense rapprochée. Par ailleurs, l’Inde est devenue un fournisseur clé, avec l’Arménie comme premier client étranger du système Akash-S1, un missile sol-air à moyenne portée. Le premier lot a été livré en novembre 2024, ouvrant la voie à une coopération à plus long terme.
Selon les médias indiens, Erevan et New Delhi envisagent la signature de mémorandums d’entente évalués à au moins 3,5 milliards de dollars, couvrant la modernisation des infrastructures aériennes arméniennes et l’éventuelle acquisition du système Akash-NG, une version améliorée offrant presque le double de la portée de l’Akash-S1.
| Caractéristique | HQ-9BE (Chine) | Akash-NG (Inde) |
|---|---|---|
| Type | Missile sol-air longue portée, capacité anti-missile balistique | Missile sol-air moyenne portée |
| Portée opérationnelle | 5 km – 260 km | 70 km – 80 km |
| Altitude maximale | Jusqu’à 50 km (variante HQ-9B) | Plus de 20 km |
| Vitesse maximale | Mach 4+ | Mach 3,0 – 3,5 |
| Poids du missile | 2000 kg (variante HQ-9) | 350 kg |
| Poids de la tête militaire | 180 kg (variante HQ-9) | 60 kg (charge conventionnelle à fragmentation) |
| Propulsion | Propergol solide bi-étage | Moteur à propergol solide double impulsion |
| Guidage terminal | Autoguidage radar semi-actif (SARH) | Autoguidage radar actif (ARH) avec chercheur Ku-band |
| Rôle principal | Défense aérienne nationale/zone, interception d’avions, missiles de croisière et missiles balistiques tactiques | Défense échelonnée contre cibles hautement manoeuvrantes et à faible RCS comme les avions furtifs et missiles de croisière |