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La Russie produirait 120 000 bombes à guidage plané par an et en utiliserait entre 200 et 250 quotidiennement, ce qui laisse envisager la constitution de stocks en prévision d’un nouveau conflit majeur. Par ailleurs, le bilan de la puissante campagne de bombardements terroristes menée hier soir sur Kiev s’élève désormais à sept morts.

Selon les services de renseignement militaire ukrainiens, la Russie construit 120 000 bombes à guidage plané cette année et en déploie entre 200 et 250 chaque jour. Parmi ces bombes, environ 500 sont de nouvelle génération avec une portée pouvant atteindre 200 kilomètres, contre environ 90 kilomètres pour les modèles précédents. Cette capacité à larguer des munitions à distance permet aux forces russes d’opérer hors de portée des systèmes antiaériens ukrainiens et de leurs avions de chasse, qui ne peuvent véritablement traverser la ligne de front en raison des défenses russes. Les plateformes aériennes majeures telles que les Su-34, Su-25 et Su-24 sont rarement abattues, permettant ainsi de larguer des centaines de bombes quotidiennement sans pertes significatives dans l’aviation d’attaque russe.

En octobre, la moyenne quotidienne était d’environ 170 bombes à guidage plané.

Cette surproduction suggère la construction de réserves supplémentaires, possiblement en préparation d’un conflit d’envergure, avec des projets supposés d’invasion, notamment dans la région baltique.

Ces bombes, nombreuses et puissantes, délivrent une charge explosive variant de 250 à 3 000 kilogrammes, ce qui représente une menace majeure pour l’Ukraine. Elles sont utilisées par la Russie pour détruire les lignes défensives ukrainiennes, facilitant ainsi les offensives terrestres massives russes.

Techniquement, ces bombes planantes sont relativement peu coûteuses comparées aux missiles de croisière. Il s’agit essentiellement de bombes à gravité classiques équipées d’ailes, de gouvernes et d’une électronique simple permettant le guidage vers des coordonnées cibles précises. Leur trajectoire est presque rectiligne avec quelques ajustements mineurs, et leur direction générale est déterminée par les avions porteurs, contrairement aux missiles de croisière qui peuvent attaquer depuis n’importe quelle direction.

Le bilan des opérations de bombardement massives de la nuit dernière sur Kiev est désormais de sept morts, rapporte Ukrinform. Par ailleurs, durant la matinée, la grande ville de Dnipro ainsi que plusieurs localités de la région de Dnipropetrovsk ont été frappées par des attaques à la bombe et au moins un homme de 65 ans y a perdu la vie.

Par ailleurs, une action de solidarité a été organisée hier pour confectionner 200 sacs à dos médicaux de secours destinés aux équipes de secours en zone de combat ukrainiennes. Cette opération a réuni, entre autres, plusieurs donateurs importants et des acteurs du secteur financier suédois. Le contenu de ces sacs, élaboré en collaboration avec des secouristes ayant participé à des camps de réhabilitation en Suède, a été régulièrement adapté en fonction des évolutions du théâtre des opérations et des besoins médicaux constatés.

Chaque sac à dos contient deux sets complets de matériel médical répartis dans quatre pochettes : la poche verte pour la gestion des voies respiratoires, la rouge pour le contrôle des hémorragies, la bleue pour les médicaments, et la noire pour le support des injections. Ces équipements sont accompagnés de consommables à renouveler régulièrement, ainsi que d’éléments réutilisables comme du ruban adhésif robuste, des lampes frontales, des cartes de blessures et des couteaux specialisés permettant d’ôter rapidement les vêtements sans blesser le patient.

Enfin, dix garrots tourniquets sont placés dans les compartiments extérieurs de chaque sac. L’opération est soutenue par l’entreprise Apotea, qui apporte logistique, locaux et personnel pour le conditionnement. Le PDG d’Apotea a affirmé la volonté de poursuivre cette aide aussi longtemps que nécessaire, soulignant un engagement « as long as it takes ».

En complément de cette aide, Apotea est également un soutien important de Repower, une organisation active en Ukraine.

Sur le plan militaire, la Russie a subi de lourdes pertes lors de combats récents, avec environ 1 000 hommes tués, la destruction de 90 véhicules de transport, 20 obusiers, ainsi que la perte de systèmes antiaériens lourds et exceptionnels, et 19 véhicules de combat d’infanterie et de motocyclistes, ainsi que 6 chars. Ces chiffres indiquent que les tentatives russes de percée mécanisée ont échoué, les pertes en blindés figurant parmi les plus élevées enregistrées au cours de l’année écoulée.