Dans un revers diplomatique et logistique inattendu, le géant aéronautique américain Boeing doit revoir son calendrier de livraison des trois derniers hélicoptères de combat Apache AH-64E destinés à l’armée indienne, après que la Turquie ait refusé au début du mois le survol aérien de ces appareils.
Ce blocage complique le planning d’intégration des Apache dans la flotte indienne, même si Boeing réaffirme son engagement à finaliser les livraisons dans les meilleurs délais.
Selon des sources proches de l’opération, un avion de transport lourd Antonov AN-124 chargé des trois hélicoptères Apache a décollé à destination de l’Inde en effectuant une escale planifiée pour le ravitaillement à l’aéroport d’East Midlands, en Angleterre. Toutefois, au lieu de poursuivre son vol vers l’est, l’appareil est resté immobilisé au sol pendant huit jours.
Cette longue attente s’explique par le refus de la Turquie d’accorder le passage en son espace aérien à l’Antonov, bloquant ainsi la route la plus directe et habituelle vers l’Inde.

Ce refus a contraint les opérateurs et Boeing à chercher des itinéraires alternatifs. Or, modifier à la dernière minute la trajectoire d’un convoi aérien de charge hors gabarit est compliqué, notamment à cause des réglementations des espaces aériens, des limitations en carburant et des tensions géopolitiques.
Privé d’autorisation turque et sans solution de rechange viable approuvée rapidement, l’avion Antonov n’avait que deux choix possibles :
- Décharger les hélicoptères au Royaume-Uni,
- Ou les renvoyer aux États-Unis afin de respecter un engagement de vol déjà fixé.
Face à ces contraintes, l’appareil est reparti du Royaume-Uni le 8 novembre en direction de l’aéroport de Mesa Gateway en Arizona, où les hélicoptères avaient initialement été embarqués.
Les sources indiquent que cette difficulté est d’autant plus surprenante que le même avion avait livré avec succès les trois premiers Apache en août, empruntant exactement la même route via l’espace aérien turc. Cette fois, la Turquie a retardé puis refusé la permission de survol, provoquant l’échec du plan de livraison. Les raisons de ce blocage restent inconnues, mais cet incident s’inscrit dans la politique de plus en plus affirmée d’Ankara sur la scène géopolitique et ses récentes tensions avec plusieurs alliés occidentaux.
Boeing a confirmé que des complications logistiques avaient interrompu le transfert du dernier lot d’Apache. Le constructeur travaille en étroite collaboration avec toutes les parties concernées, notamment le gouvernement américain et l’armée indienne, pour établir un nouveau calendrier de livraison. Malgré ce contretemps, Boeing réaffirme son engagement à honorer le contrat avec l’Inde et à garantir la pleine capacité opérationnelle de la flotte Apache sans retards excessifs.

Il convient de souligner que ce retard n’est lié ni aux hélicoptères eux-mêmes ni à l’état de l’Antonov. Il met plutôt en lumière les obstacles géopolitiques, les évolutions des alliances diplomatiques et la complexité du contrôle des espaces aériens, qui peuvent impacter de manière imprévue la logistique militaire, même dans le cadre de transferts d’équipements considérés comme routiniers.
L’armée indienne, qui intègre pour la première fois des hélicoptères Apache, prévoyait d’engager ces appareils peu après leur livraison. Ce contretemps pourrait légèrement décaler les échéances de déploiement final, mais aucun problème majeur n’est anticipé si Boeing parvient rapidement à une solution alternative.