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Les États-Unis ont renforcé leur posture de lutte contre le narcotrafic dans les Caraïbes avec le lancement de l’opération Southern Spear, une mission annoncée par le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth et présentée comme une initiative ordonnée par l’administration Trump pour éliminer ce que Washington qualifie de « narco-terroristes » de l’hémisphère Ouest.

Hegseth a déclaré que la Force opérationnelle interarmées Southern Spear, en coordination avec le Commandement Sud des États-Unis, mènerait cette opération. Selon son annonce, « elle vise à défendre le territoire national, éliminer les narco-terroristes de notre hémisphère et sécuriser notre pays contre les drogues qui tuent notre population. » Il a ajouté : « L’hémisphère Ouest est le voisinage de l’Amérique et nous le protégerons. »

Southern Spear fait suite à plusieurs mois d’activités militaires américaines dans la région. Depuis août, les États-Unis ont déployé des navires de guerre, des avions F-35, des appareils de surveillance et des Marines dans le sud des Caraïbes. Les opérations ont abouti à une série de frappes contre des embarcations suspectées de trafic, notamment des navires liés à des groupes criminels au Venezuela et en Colombie. Une de ces frappes initiales a fait onze morts à bord d’un bateau que les États-Unis désignaient comme transportant des trafiquants de drogue.

Washington a également renforcé ses activités de renseignement dans la zone. La CIA jouerait un rôle important dans le suivi des réseaux de trafic, dans le cadre d’une pression accrue exercée contre le gouvernement de Nicolás Maduro. Les responsables américains n’excluent pas d’autres frappes, même si la plupart des analystes estiment improbable une opération terrestre à grande échelle contre le Venezuela.

Selon le média The Hill, le président Trump, le chef des chefs d’état-major, le général Dan Caine, ainsi que des commandants supérieurs, ont été informés cette semaine des options militaires, incluant la possibilité de frappes terrestres sur des objectifs vénézuéliens. Les autorités américaines qualifient ces discussions de plans de contingence.

Les gouvernements régionaux ont réagi avec inquiétude. Le Venezuela a organisé de vastes exercices militaires et dénonce la posture américaine comme une menace pour sa souveraineté. Les autorités vénézuéliennes ont averti qu’elles riposteraient en cas d’attaque. Plusieurs incidents d’interception aérienne ont été signalés, notamment avec des F-16 vénézuéliens survolant un destroyer de la marine américaine.

Avec l’opération Southern Spear, les États-Unis officialisent la plus importante présence militaire dans les Caraïbes depuis plusieurs décennies. Reste à déterminer les seuils opérationnels qui déclencheraient de nouvelles frappes, ainsi que jusqu’où l’administration américaine compte pousser cette mission de sécurité dans son « voisinage » stratégique.