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L’Aeronautical Development Agency (ADA), l’organisme indien en charge des programmes de développement d’avions de combat indigènes, a lancé un appel à partenariat industriel pour assurer le soutien complet au développement, à la certification et à l’intégration de trois systèmes avioniques clés – le Combined Interrogator & Transponder (CIT), le Software Defined Radio (SDR) et l’Infra-Red Search & Track (IRST) – sur le Light Combat Aircraft (LCA) Mark 2, également connu sous le nom de Tejas Mk2. Cette initiative vise à accélérer la maturation de la plateforme afin de garantir une intégration fluide au sol, des essais en vol rigoureux et une certification de navigabilité avant le lancement des prototypes prévu fin 2025.

Le LCA Mk2, un chasseur multirôle de génération 4.5 conçu pour remplacer les MiG-21 vieillissants et renforcer la supériorité numérique de l’Indian Air Force (IAF), intègre des capacités avancées de guerre en réseau. Avec une présentation des prototypes planifiée d’ici la fin de l’année et son premier vol prévu début 2026, l’ADA met l’accent sur une validation robuste des sous-systèmes pour respecter les calendriers opérationnels. L’appui recherché couvre le développement des systèmes, les essais de qualification, la certification de navigabilité, l’intégration aux essais au sol et en vol, ainsi que l’analyse des données post-vol, afin de corriger les anomalies et certifier ces capteurs clés. Pour cela, l’ADA fournira aux partenaires les ressources nécessaires, telles que des ordinateurs, imprimantes et équipements de test spécialisés, leur permettant d’effectuer des tests fonctionnels et la documentation directement sur site.

« Cette collaboration est essentielle pour réduire les délais tout en maintenant les plus hauts standards de fiabilité et d’interopérabilité », a déclaré un responsable de l’ADA, soulignant l’engagement de l’agence dans la stratégie « Aatmanirbhar Bharat » (Inde autonome) via des partenariats industriels. Les candidats éligibles, depuis les petites et moyennes entreprises (PME) aux structures reconnues comme Bharat Electronics Limited (BEL) ou des spécialistes privés de l’avionique, doivent démontrer une expertise avérée dans l’intégration aérospatiale. Les réponses doivent être soumises via la plateforme de l’ADA avant début décembre.

Mise en lumière technique : les trois capteurs qui renforcent la conscience tactique du Mk2

Le cahier des charges détaille les rôles complémentaires de ces sous-systèmes, essentiels pour fournir détection passive, communications sécurisées et identification ami-ennemi (IFF) en environnements contestés :

1. Combined Interrogator & Transponder (CIT)

Opérant dans la bande L, le CIT agit comme un radar secondaire de surveillance (SSR) permettant une identification précise des cibles, distinguant amis et ennemis et répondant aux interrogations des plateformes alliées ou des stations au sol. Il comprend un interrogateur à balayage électronique pour des requêtes ciblées et un transpondeur omnidirectionnel avec antennes à diversité spatiale, garantissant une couverture à 360° et une résistance aux brouillages. Installé dans la baie avionique du nez du Mk2, le CIT sera connecté à l’ordinateur de mission de l’avion pour alimenter en données temps réel, augmentant ainsi les capacités au-delà de la portée visuelle contre des menaces comme les chasseurs furtifs chinois J-20.

2. Software Defined Radio (SDR)

Élément central des liaisons tactiques modernes, le SDR fournit une infrastructure de communication flexible, capable de traiter diverses formes d’ondes – telles que le Link-16 ou des équivalents nationaux – sur une même plateforme matérielle. Cette architecture autorise des mises à jour par logiciel après déploiement, s’adaptant aux menaces évolutives sans nécessité de changement matériel. Pour le LCA Mk2, le SDR permettra la transmission sécurisée de voix, données et vidéo sur les réseaux air-sol-air, facilitant le ciblage collaboratif et les opérations de type essaim. Son design modulaire s’inscrit dans la stratégie de l’IAF pour des communications pérennes, avec une intégration possible aux groupes de drones ou aux systèmes alliés Quad.

3. Infra-Red Search & Track (IRST)

L’IRST représente un saut qualitatif en détection passive, agissant comme un « radar silencieux » électro-optique détectant les contrastes thermiques (émissions infrarouges) entre cibles et arrière-plan pour rechercher, acquérir et suivre automatiquement plusieurs menaces aériennes ou de surface. Sans émission, il échappe aux systèmes de détection radar ennemis, idéal dans les scénarios « premier regard, premier tir » en zones défiant l’électronique. Présenté à Aero India 2025 et prêt pour la production après des essais en vol réussis, ce système à large champ de vision (FOV) permet une détection longue portée jusqu’à 100 km, un suivi multi-cible automatique, une correction d’image en manœuvre à haute G et des secteurs de balayage sélectionnables selon la mission. Monté sur le nez du Mk2, il transmettra les données angulaires aux affichages du cockpit, complétant le radar AESA Uttam pour neutraliser les menaces furtives.

Ces systèmes, développés localement par les laboratoires du DRDO et des consortiums industriels, subiront des tests rigoureux de vibration au sol, de compatibilité électromagnétique et des essais en vol captifs au National Flight Test Centre (NFTC) de Bengaluru. L’analyse post-vol exploitera les outils fournis par l’ADA pour examiner les données télémétriques et garantir une certification sans défaut sous la supervision du CEMILAC (Centre pour la navigabilité et la certification militaire aéronautique).