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L’Irlande envisage de solliciter l’aide des grandes puissances européennes pour renforcer la sécurité lors de sa prochaine présidence du Conseil de l’Union européenne (UE). Cette demande pourrait inclure le déploiement d’un navire de guerre et d’avions à Dublín pour assurer la protection du pays pendant cette période cruciale.

Parmi les moyens envisagés, la frégate française Bretagne doit faire escale à Dublín ce mois-ci pour une visite de courtoisie. Ce bâtiment, armé de missiles anti-aériens, symbolise la coopération possible en matière de défense européenne.

Au cours de la présidence irlandaise prévue pour juillet 2024, plus de 20 sommets de haut niveau rassembleront chefs d’État et ministres à Dublín. Le contexte sécuritaire est marqué par une montée des tensions, notamment à la suite d’activités illicites de drones lors de la dernière présidence danoise.

Pour y faire face, le gouvernement irlandais a décidé d’accélérer l’acquisition d’un système anti-drones d’envergure, destiné à neutraliser ces engins dans un environnement à risque. Ce dispositif s’inscrit dans une stratégie globale visant à protéger les événements diplomatiques majeurs.

Les forces de police irlandaises, la Gardaí, ont déjà commencé à déployer des armes anti-drones à courte portée en coopération avec leurs homologues néerlandais, partageant savoir-faire et procédures opérationnelles. Par ailleurs, un détachement de la Gardaí est stationné au siège de l’UE à Bruxelles pour coordonner les aspects sécuritaires, tandis que certains officiers ont inspecté les mesures de sécurité mises en place à Copenhague.

Selon les plans actuels, une batterie unique de contre-mesures aériennes automatisées sera installée à la base aérienne de Baldonnel, située à l’ouest de Dublín. Ce système aura pour mission de protéger l’espace aérien aux abords de l’aéroport militaire, garantissant ainsi l’atterrissage sécurisé des délégations officielles durant la présidence.

Ce système anti-aérien non tripulé fera partie d’un projet plus vaste de radar militaire que le gouvernement prévoit d’acquérir. Cette modernisation vise à renforcer la surveillance et la défense aérienne du territoire national face aux menaces asymétriques, notamment les drones.

La question de la sécurité est devenue particulièrement sensible après des incidents liés à des drones perturbant plusieurs aéroports et infrastructures européennes. Ces événements survenus lors de la présidence danoise ont conduit la France et l’Allemagne à envoyer des équipements anti-drones, y compris un bâtiment allemand anti-aérien, pour contrer les activités illégales attribuées à des acteurs russes présumés.

Le ministre irlandais de la Défense, Simon Harris, a confirmé jeudi devant le Dáil que les préparatifs pour la présidence irlandaise se déroulent selon un calendrier avancé. Il a notamment évoqué une livraison anticipée et progressive des équipements radar militaires en 2026 dans le cadre de ces préparatifs.

“L’un des premiers objectifs de ce programme sera d’améliorer notre capacité à contrer les systèmes aériens non habités. Nous disposons d’un cadre pour tenir informé le comité du Parlement, ce que nous ferons de manière appropriée et respectueuse”, a-t-il déclaré.

Le coût total du projet radar militaire est estimé à plusieurs centaines de millions d’euros. Dans le cadre du Plan national de développement récemment révisé, le ministre Harris a obtenu un financement de 1,7 milliard d’euros destiné à la défense, dont 300 millions seront alloués au secteur de la défense dès l’année prochaine.

De manière générale, la présidence irlandaise devrait coûter plusieurs centaines de millions d’euros. Le gouvernement a budgété entre 165 et 185 millions d’euros pour son organisation, auxquels s’ajouteront 15 millions d’euros pour les réunions de la Communauté politique européenne, qui rassembleront jusqu’à 47 chefs d’État à Dublín.

Ces montants ne prennent toutefois pas en compte les dépenses spécifiques liées à la sécurité. Le ministère de la Justice devrait également demander un budget conséquent pour couvrir les heures supplémentaires de la Garda durant les six mois de présidence.