Article de 512 mots ⏱️ 3 min de lecture

La Corée du Sud souhaite obtenir des États-Unis de l’uranium enrichi destiné au combustible de son futur sous-marin nucléaire, qu’elle compte construire intégralement sur son territoire, a annoncé un responsable de la présidence sud-coréenne vendredi.

Le président sud-coréen Lee Jae Myung a informé son homologue américain Donald Trump, lors d’un sommet la semaine dernière, que Séoul se chargerait de la construction domestique du sous-marin, tout en sollicitant l’aide de Washington pour l’approvisionnement en combustible, a précisé ce haut fonctionnaire.

Les États-Unis ont donné leur accord pour que la Corée du Sud utilise du combustible nucléaire pour ce projet sous-marin, a-t-il ajouté.

Contexte réglementaire et tensions diplomatiques
Selon l’accord nucléaire en vigueur entre les deux pays, la Corée du Sud n’est toutefois pas autorisée à retraiter le combustible nucléaire usé ni à enrichir de l’uranium à des fins militaires, bien qu’elle exploite des réacteurs nucléaires civils sur son sol.

La volonté du président Lee de construire le sous-marin directement en Corée semble contredire les propos récents de Donald Trump sur les réseaux sociaux.
La semaine dernière, Trump avait indiqué sur sa plateforme Truth Social avoir donné son feu vert à la fabrication de ce sous-marin à propulsion nucléaire dans un chantier naval sud-coréen situé… à Philadelphie, aux États-Unis. Cette déclaration a suscité un vif débat en Corée du Sud sur la faisabilité du projet au sein du Hanwha Philly Shipyard et a renforcé les revendications parlementaires pour que la construction reste nationale.

Interrogée sur ces divergences, une porte-parole de la Maison-Blanche a renvoyé au message de Trump, précisant que le sous-marin serait construit « dans les chantiers navals de Philadelphie, ici, dans la bonne vieille U.S.A. »

Investissements et modernisation de l’alliance américano-coréenne
Par ailleurs, la Corée du Sud et les États-Unis travaillent à la finalisation d’un document commun détaillant leur récent accord sur un package d’investissements de 350 milliards de dollars, en échange d’une baisse des tarifs douaniers et sur des questions de sécurité, dont la modernisation de leur alliance stratégique.

La rédaction de cette fiche d’information prend plus de temps que prévu, car les ministères américains concernés continuent de formuler des retours, entraînant des ajustements sur le contenu, a indiqué le responsable sud-coréen.

Malgré ces délais, il a affirmé qu’aucun désaccord n’existait entre Séoul et Washington sur l’accord commercial.

« Sur les sujets de sécurité, les points abordés sont de véritables enjeux majeurs. Ce sont des questions que nous poursuivons depuis des décennies sans véritable succès », a-t-il déclaré, en évoquant notamment les discussions autour des sous-marins nucléaires.

« En raison du poids de ces négociations, la sensibilité sur les formulations est élevée, ce qui rend les discussions difficiles jusqu’à la dernière minute », a-t-il ajouté.