La commande indienne de 113 moteurs F-404 auprès de General Electric pour soutenir la production des chasseurs Tejas Mk-1A a suscité des interrogations sur une possible dépendance accrue aux fournitures de défense américaines. Le ministre indien de la Défense, Rajnath Singh, a fermement écarté ces inquiétudes en affirmant qu’aucune pression extérieure n’influence ces acquisitions.
« Nous continuerons à importer des moteurs d’avion lorsque cela sera nécessaire, sans subir de pressions de la part des États-Unis ou de tout autre pays », a déclaré Rajnath Singh, répondant ainsi aux préoccupations stratégiques liées à la dépendance croissante aux systèmes de propulsion américains.
Les moteurs F-404, équipant les variantes Tejas Mk-1 et Mk-1A, sont un élément clé de l’architecture de combat en pleine évolution de l’Armée de l’air indienne. Néanmoins, certains analystes et responsables de la communauté stratégique indienne s’interrogent sur la possibilité que les États-Unis exploitent leur position sur ces fournitures sensibles pour influencer la politique indienne, notamment en matière d’alignements géopolitiques et de coopération en défense.
Ces doutes sont renforcés par les retards persistants dans la livraison de certains matériels militaires américains, dont justement les moteurs F-404 destinés aux livraisons du Tejas Mk-1A. General Electric attribue ces perturbations à des problèmes de chaîne d’approvisionnement, mais cette situation soulève l’attention des observateurs militaires et politiques, qui redoutent un impact négatif sur la préparation opérationnelle de l’Inde.
Cependant, les récentes déclarations de Rajnath Singh visent clairement à apaiser ces craintes. Il a réaffirmé la volonté de l’Inde de diversifier ses sources d’approvisionnement en moteurs tout en poursuivant le développement de ses capacités nationales, notamment à travers les programmes de la Gas Turbine Research Establishment (GTRE) et la collaboration attendue pour un moteur de chasse de 5e génération.
Par ailleurs, l’accord récent entre General Electric et l’Inde pour la co-production des moteurs F-414 destinés au programme Tejas Mk-II illustre l’effort de New Delhi pour trouver un équilibre entre importations et production locale.
Les observateurs soulignent que, même si l’Inde travaille au développement de ses propres turbofans avancés, les systèmes de propulsion étrangers resteront indispensables à court et moyen terme. Les assurances de Rajnath Singh contribuent à dissiper les inquiétudes concernant un éventuel levier géopolitique, mais le débat sur l’autonomie stratégique, en particulier dans le domaine des plateformes de défense à haute technologie, reste d’actualité.