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Le débat agite les experts : le Royaume-Uni peut-il encore être qualifié de puissance montante ? Cette interrogation fait suite à des prévisions du Fonds monétaire international (FMI) qui annoncent le Royaume-Uni comme la deuxième économie à la croissance la plus rapide du G7 en 2026, pouvant dépasser le Japon d’ici 2030 pour devenir la cinquième puissance économique mondiale.

Plusieurs spécialistes estiment que l’influence mondiale du Royaume-Uni reste solide, mais limitée par des faiblesses internes persistantes. Stephen Booth, de TheCityUK, qualifie le pays de « puissance moyenne majeure » plutôt que de puissance résurgente. Il souligne la taille économique britannique, son réseau diplomatique étendu et ses partenariats en matière de défense comme autant d’éléments témoignant de sa pertinence internationale. Cependant, il met en garde contre les failles structurelles nationales susceptibles de freiner ce potentiel.

D’autres voix se montrent plus optimistes. William Freer, du Council on Geostrategy, évoque la fin possible de décennies de « déclin maîtrisé », en s’appuyant notamment sur les projections indiquant que le produit intérieur brut (PIB) britannique pourrait dépasser celui de l’Allemagne dans les années 2030. Il insiste toutefois sur la nécessité impérative de résoudre des défis comme le coût de l’énergie et les pressions démographiques pour assurer une montée en puissance durable.

Plus sceptique, la docteure Ksenia Kirkham, de King’s College London, met en garde contre un excès de confiance dans les prévisions du FMI. Selon elle, le Royaume-Uni ne montre pas les dynamiques de croissance axées sur l’innovation et l’investissement qui caractérisent les véritables accélérations économiques. Elle critique la stratégie industrielle gouvernementale, jugée incohérente et trop centrée sur le réarmement militaire.

Adoptant un angle stratégique, James Rogers, cofondateur du Council on Geostrategy, estime que la force future du Royaume-Uni dépendra de sa capacité à engager des investissements massifs dans la défense, l’énergie et les infrastructures. À ce prix, le Royaume-Uni pourrait devenir un acteur « stratégiquement indispensable » au sein de l’OTAN et de l’ensemble des alliances occidentales.

Le débat intègre aussi les points de vue d’anciens ministres et responsables de la défense, tels qu’Anne-Marie Trevelyan et Peter Watkins, qui rappellent que le Royaume-Uni conserve des capacités militaires, technologiques et diplomatiques solides, malgré des contraintes budgétaires et la montée des rivalités régionales.

Ce dialogue approfondi souligne les forces et les défis du Royaume-Uni dans un contexte géopolitique en pleine évolution, offrant une analyse nuancée de sa position sur la scène internationale.