L’Allemagne progresse dans le développement et le déploiement d’un missile antidrones miniature à faible coût, après que les législateurs ont approuvé une proposition de financement le 5 novembre. Ce nouveau missile vise à renforcer la défense contre la menace croissante des drones dans les conflits contemporains.
Ce missile antidrones compact, nommé SADM, sera intégré aux véhicules antiaériens Skyranger 30 produits par Rheinmetall. Il viendra compléter l’armement principal déjà en place, à savoir le canon intégré. Ce missile, appelé DefendAir par le fabricant MBDA, est conçu pour améliorer les capacités de lutte contre les drones.
Rheinmetall a indiqué que le lanceur nécessaire pour intégrer le SADM sur la tourelle du Skyranger est déjà prévu. Ce lanceur pourra embarquer entre neuf et douze missiles, en fonction de la configuration choisie pour les tubes de lancement.
Le SADM permettra d’étendre la portée effective du Skyranger, passant de 2 kilomètres actuellement à environ 6 kilomètres, selon les rapports précédents. Ces missiles seront équipés de systèmes de guidage spécialisés et d’une ogive conçue pour neutraliser des drones pesant jusqu’à 150 kilogrammes, classés comme des UAS (systèmes aériens sans pilote) de classe 1.

La Bundeswehr a déclaré que l’introduction de ces missiles rendra le Skyranger « pleinement capable de se défendre contre les petits drones et microdrones ». Dans un communiqué, les forces armées allemandes ont souligné que cette évolution tire les leçons du conflit ukrainien, où l’utilisation intensive de drones de petite taille constitue une « menace significative pour la population, les soldats, les systèmes d’armes et les infrastructures ».
Selon un communiqué publié le 6 novembre, le Skyranger, équipé à la fois du canon et des missiles, pourra détruire jusqu’à trente drones lors d’un seul engagement. Ce sera la première fois que l’armée allemande déploiera un système de défense aérienne blindé spécifiquement conçu pour contrer les drones.
Le choix du SADM au lieu d’autres solutions, comme le missile Stinger, avait été décidé par le gouvernement en mai. L’approbation récente du Bundestag, le parlement allemand, était une étape légale nécessaire pour tout projet d’acquisition militaire d’une valeur supérieure à 25 millions d’euros.
Selon le site spécialisé Hartpunkt.de, le développement et l’acquisition du nouveau missile s’élèveraient à 490 millions d’euros.
La Bundeswehr précise que le SADM sera intégré à la liste des systèmes qualifiés dans le cadre de l’« Initiative Bouclier du Ciel Européen », lancée par le précédent gouvernement allemand. Cette initiative paneuropéenne vise à pallier les insuffisances en matière de défense aérienne en Europe.
Le groupe compte aujourd’hui 24 membres, allant du cercle de l’Article 5 de l’OTAN jusqu’au Moyen-Orient, qui ont convenu de coordonner leurs capacités de défense aérienne, notamment leurs acquisitions, afin de renforcer leurs protections collectives.
Face à la menace mise en exergue dès l’invasion de grande ampleur de l’Ukraine par la Russie en février 2022, l’Allemagne et plusieurs pays européens ont accéléré leurs efforts pour combler cette lacune critique. Parallèlement au Skyranger, Berlin a investi dans d’autres systèmes de défense aérienne, y compris l’intercepteur à longue portée israélien Arrow 3.
Linus Höller