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Le ministère britannique de la Défense a dévoilé de nouvelles informations détaillées sur le Projet NYX, un programme phare de l’Armée visant à tester des aéronefs autonomes conçus pour opérer aux côtés des hélicoptères d’attaque Apache AH-64E.

Publié le 4 novembre, l’avis d’information préalable émanant de Defence Equipment and Support décrit le Projet NYX comme une « opportunité majeure pour l’industrie de collaborer avec la Défense et d’influencer la prochaine génération de systèmes autonomes ».

Ce projet aboutira à la création d’un démonstrateur de concept opérationnel (Capability Concept Demonstrator – CCD) pour la Plateforme Collaborative Autonome Terrestre (Land Autonomous Collaborative Platform – ACP), une étape clé vers le développement d’aéronefs sans pilote capables d’évoluer dans des environnements complexes et contestés.

Selon l’avis, « l’Armée souhaite développer un système aérien sans pilote (UAS) destiné à être associé à l’hélicoptère d’attaque Apache AH-64E en tant qu’ACP ». Cet aéronef opèrera « de manière très autonome, sous un mode ‘commandé mais non contrôlé’ », et sera capable d’effectuer des missions multiples telles que la reconnaissance, l’acquisition de cibles, l’attaque, la neutralisation de contre-mesures et l’intégration avec des effets déployés.

Le ministère de la Défense précise que cette ACP « améliorera la létalité et la survivabilité de la plateforme habitée tout en imposant une empreinte logistique réduite et un moindre besoin de maintenance ».

Le calendrier ambitieux du projet s’étend sur deux ans, de mars 2026 à mars 2028. La première phase portera sur la réalisation rapide d’un prototype intégrant le logiciel d’autonomie et le matériel des systèmes sans pilote avec les plateformes existantes du ministère de la Défense pour des essais.

Le ministère précise que le démonstrateur de concept « validera le concept ACP terrestre » en collaboration avec jusqu’à quatre fournisseurs lors des phases initiales, avant une sélection finale d’un ou plusieurs contractants. Le programme adoptera un modèle compétitif « 3-2-1 » incluant plusieurs manches d’évaluation et de démonstration.

Un volet essentiel de l’avis concerne le développement de l’autonomie et l’intégration système. Les fournisseurs sont attendus pour contribuer à :

  • « l’intégration et l’interopérabilité avec les réseaux et équipements de communication existants du ministère de la Défense »
  • « la spécification, le développement, la validation et la gestion des comportements autonomes »
  • « le soutien au ministère pour le développement des normes en matière d’autonomie » ainsi que pour les « certifications et les approbations réglementaires auprès des autorités civiles et militaires »
  • l’utilisation de « méthodologies telles que l’ingénierie des missions, l’ingénierie numérique, les jumeaux numériques, la modélisation et la simulation, les tests basés sur des scénarios, les domaines opérationnels et les modèles système »

La collaboration homme-machine, l’architecture ouverte modulaire et la résilience cyber sont également mises en avant comme priorités. Le ministère souligne que cette phase « couvrira uniquement les activités de recherche et développement, sans achat massif de matériel ou logiciel ».

En cohérence avec la Stratégie industrielle de Défense publiée en septembre, l’avis mentionne que le projet ACP terrestre « vise à développer une capacité souveraine britannique, notamment pour les éléments critiques comme la conception et le développement des composants autonomes ».

Il est aussi précisé que « la participation pourrait être limitée aux entreprises britanniques (y compris des dépendances de la Couronne et des territoires britanniques d’outre-mer, et aux entreprises disposant d’une présence indiscutable sur le territoire britannique) ».

Les jalons prévisionnels comprennent :

  • la publication des documents de participation et d’appel d’offres fin 2025,
  • l’attribution de contrats à jusqu’à quatre fournisseurs début 2026,
  • une démonstration majeure des capacités en 2027,
  • la conclusion de la phase concept en début 2028.

Le ministère de la Défense présente le Projet NYX comme « une opportunité phare pour l’industrie de s’associer avec la Défense » destinée à définir l’approche future de l’Armée britannique en matière de coopération entre plateformes pilotées et non pilotées.

Cette annonce fait suite à une étape précédente du programme Plateforme Collaborative Autonome Terrestre dévoilée en août, lorsque l’Armée avait organisé un évènement industriel pour exposer son concept initial d’association entre aéronefs sans pilote et hélicoptères Apache. Le nouvel avis marque la transition entre la phase de consultation et le développement financé, signalant l’entrée dans la phase active de prototypage et d’essais en vol.