Un peu plus d’un an et demi après l’adhésion de la Suède à l’OTAN, le paysage de la sécurité nationale a profondément évolué. Ce qui était auparavant perçu comme une question strictement étatique et militaire s’est rapidement transformé en une responsabilité globale engageant l’ensemble du système, incluant la société civile, l’industrie et le monde académique. Le concept de défense totale, bien que connu de longue date, fait un retour marqué face à la montée des menaces actuelles.
La sécurité nationale à l’ère contemporaine dépasse désormais le cadre traditionnel des forces armées. Elle nécessite une approche intégrée, où chaque acteur — public ou privé — joue un rôle dans la résilience du pays. L’industrie, notamment dans les secteurs stratégiques, est appelée à renforcer sa capacité à répondre aux besoins de défense, tandis que le monde académique contribue par la recherche et l’innovation aux technologies et aux stratégies de sécurité.
Le passage à ce modèle de responsabilité systémique partagée reflète la nature hybride des menaces actuelles, qui mêlent agressions militaires conventionnelles, cyberattaques, désinformation et pressions économiques. Face à ces défis, la coordination entre les différents acteurs devient cruciale pour assurer une réaction efficace et une protection durable des intérêts nationaux.
Les autorités suédoises ont accentué leurs efforts pour structurer cette coopération intersectorielle, soulignant que la défense de la nation implique autant la mobilisation des forces armées que la mobilisation de toute la société. Le totalförsvar, ou défense totale, s’appuie sur cette synergie pour garantir une sécurité renforcée et une meilleure préparation face à une menace multiforme.
Cette vision systémique et collaborative de la sécurité nationale constitue une évolution majeure de la doctrine stratégique, qui conjugue now des dimensions militaires, civiles, industrielles et académiques. Elle illustre aussi la nécessité pour les États de s’adapter collectivement à un environnement géopolitique instable, où la résilience nationale repose sur la responsabilité partagée et la coordination globale.