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En juin 2022, le ministère de la Défense norvégien annonçait non seulement le retrait anticipé de ses hélicoptères NH90 du service actif, mais également sa volonté de réclamer à leur constructeur un remboursement après leur récupération.

Vingt ans plus tôt, via l’Agence de Gestion des Hélicoptères de l’OTAN (NAHEMA), Oslo avait commandé quatorze NH90 auprès du consortium NHIndustries, composé d’Airbus Helicopters, Leonardo et Fokker, pour un montant d’environ 5 milliards de couronnes norvégiennes, soit environ 500 millions d’euros à l’époque.

Cependant, comme le soulignait un rapport interne publié en 2018, les appareils livrés ont présenté de graves problèmes de disponibilité, ne pouvant assurer que 40 % des heures de vol stipulées dans leurs contrats opérationnels. Cette situation a conduit à la décision drastique de s’en séparer.

« Nous avons tenté à plusieurs reprises de résoudre les problèmes liés au NH90 en coopération avec NHIndustries, mais plus de 20 ans après la signature du contrat, nous ne disposons toujours pas d’hélicoptères capables d’accomplir les missions pour lesquelles ils ont été acquis, et NHIndustries est incapable de nous proposer des solutions réalistes », expliquait Gro Jære, directrice de Forsvar Materiell (FMA), la direction générale de l’armement norvégien.

Par la suite, le ministère de la Défense a commandé des hélicoptères HH-60W auprès de l’américain Sikorsky (filiale de Lockheed Martin) pour remplacer ses NH90, tout en menaçant NHIndustries d’engager des poursuites judiciaires et en augmentant sensiblement ses exigences financières.

Le mois dernier, la presse norvégienne évoquait une intention d’Oslo de réclamer environ 2,8 milliards d’euros pour régler le différend portant sur le NH90. Cette somme, six fois supérieure au montant initial du contrat de 2021, comprenait le remboursement des sommes versées à NHIndustries, le coût d’acquisition des HH-60W (soit 1,09 milliard d’euros) ainsi que les dépenses liées à la maintenance en condition opérationnelle (MCO).

De son côté, NHIndustries avait riposté en exigeant 730 millions d’euros au ministère, dont 580 millions au titre d’indemnisation et 150 millions correspondant au paiement des hélicoptères.

Le tribunal d’Oslo devait examiner l’affaire le 10 novembre. Cependant, un accord a finalement été trouvé entre les deux parties avant cette date.

Selon un communiqué publié le 3 novembre, NHIndustries s’est engagée à verser 305 millions d’euros au gouvernement norvégien, en plus des 70 millions déjà versés sous forme de garanties bancaires, et à récupérer « tous les hélicoptères ainsi que les pièces détachées, outils et équipements spécifiques à leurs missions ».

« NHIndustries assumera la gestion complète des actifs récupérés et les réintégrera dans le programme NH90, mettant à la disposition des autres utilisateurs les pièces et équipements les plus demandés », précisait le ministère de la Défense norvégien.

« Les parties ont démontré un dialogue constructif et une volonté commune de résoudre le conflit. Ce dialogue a été facilité par les médiateurs du tribunal de district d’Oslo, qui ont mené les procédures avec professionnalisme et intégrité », ajoutait-il.

Ce cas rappelle celui opposant le gouvernement norvégien au chantier naval espagnol Navantia après la perte de la frégate KNM Helge Ingstad (classe Fridtjof Nansen). En janvier, Oslo réclamait 1,1 milliard d’euros à l’entreprise, invoquant un défaut de construction, alors que l’Autorité norvégienne d’enquête sur la sécurité (Statens Havarikommisjon) attribuait le naufrage à un manque d’expérience de l’équipage.

Un accord à l’amiable avait finalement été trouvé, par lequel Navantia s’était engagée à verser 47,5 millions d’euros sous forme de remise sur l’entretien des quatre frégates restantes de la classe Fridtjof Nansen pour les six années suivantes.