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Un haut responsable de l’Armée de l’Air indienne (IAF) a récemment confirmé l’ambition de l’institution de dépasser largement la commande initiale de l’Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA). Initialement prévue pour 120 appareils, soit sept escadrons, la commande pourrait s’étendre à près de 250 chasseurs, intégrant des variantes plus avancées et des technologies de pointe.

Le programme AMCA, piloté par l’Aeronautical Development Agency (ADA) sous l’égide de la Defence Research and Development Organisation (DRDO), vise à redéfinir la doctrine de combat aérien indienne. La version de base MkI sera équipée des caractéristiques intrinsèques de la 5e génération : formes furtives, soutes internes pour armement, capacité de supercroisière et fusion des capteurs pour un combat centré sur le réseau. Ce chasseur multirôle bimoteur de 25 tonnes s’annonce ainsi comme un prédateur furtif capable de dominer un espace aérien contesté face à ses homologues régionaux.

Le plan dévoilé va cependant au-delà de cette 5e génération. Le MkII, qui fera partie des 120 premiers appareils avec le MkI, intégrera des technologies propres à la 6e génération. Parmi celles-ci figurent les architectures de coopération homme-machine (MUM-T) et des assistants décisionnels alimentés par l’intelligence artificielle. Ces innovations permettront une collaboration efficace avec des véhicules aériens de combat sans pilote (UCAV) tels que le drone Ghatak, exploitant l’IA pour l’allocation autonome des cibles, la tactique en essaim et l’évaluation en temps réel des menaces — autant d’atouts pour la supériorité aérienne de prochaine génération.

Dans une projection à dix ans, l’IAF imagine un MkIII incarnant pleinement les paradigmes de la 6e génération. Cette version futuriste pourrait être dotée d’armes à énergie dirigée (DEW) comme des lasers à haute énergie pour des interceptions de précision ou la lutte anti-drone, ainsi que d’armements hypersoniques et de revêtements furtifs adaptatifs. « L’AMCA que nous concevons aujourd’hui évoluera par itérations afin de rester en avance sur la courbe des menaces », a souligné le responsable, précisant que le développement du MkIII, prévu pour le milieu des années 2030, garantira la pertinence de la flotte jusqu’en 2060 et au-delà.

Cette vision élargie s’inscrit dans la volonté de l’IAF de reconstruire une force de 42 escadrons, un objectif rendu urgent par la retraite des MiG-21 et les retards dans les acquisitions de chasseurs multirôles. Le contrat initial de 120 appareils, d’une valeur supérieure à 1,2 lakh crore de roupies, lancera la production après 2032, avec Hindustan Aeronautics Limited (HAL) et des partenaires privés tels que Larsen & Toubro en lice pour l’assemblage. L’extension à 250 jets renforcerait non seulement l’autonomie stratégique indienne en matière d’aéronautique militaire, mais stimulerait également la base industrielle, favorisant les exportations et les retombées technologiques dans les domaines des composites, de l’avionique et de la propulsion.