La Chine a franchi une étape majeure dans le développement de son aviation militaire en réussissant avec succès des essais au sol et en haute altitude de son premier moteur à cycle adaptatif, également appelé moteur à cycle variable. Ce prototype constitue un jalon crucial pour l’alimentation des futurs avions furtifs de nouvelle génération, notamment les appareils de 6e génération, en offrant des performances supérieures sur une large plage de conditions de vol.
Développé sous l’égide de l’Institut technique de physique et chimie de l’Académie chinoise des sciences, ce moteur ajuste dynamiquement le flux d’air grâce à une conception « à triple dérivation ». Cette architecture innovante permet trois flux d’air distincts, facilitant la transition fluide entre des modes à haute poussée pour le combat et des modes à haute efficacité énergétique pour le croisière. Cette adaptabilité répond aux défis persistants de l’équilibre entre vitesse, consommation de carburant et gestion thermique des avions de combat avancés.
Selon les derniers rapports, le prototype à l’échelle réelle a subi des essais complets sur banc au sol ainsi que des simulations en haute altitude, reproduisant des conditions extrêmes jusqu’à Mach 4 et des altitudes supérieures à 20 000 mètres. Ces tests ont confirmé la capacité à changer de mode en moins de 0,5 seconde, assurant une adaptation rapide sans perte de stabilité, un élément crucial pour les opérations supersoniques et hypersoniques.
Les essais au sol ont révélé des gains significatifs dans les principaux indicateurs :
- Augmentation de la poussée spécifique de 27,6 %.
- Augmentation de la poussée par unité de surface de 33 %.
Les simulations en haute altitude ont repoussé encore plus les limites, avec une poussée unitaire en hausse d’environ 47 %. La consommation de carburant a chuté de 37,5 % par rapport aux moteurs à postcombustion de référence comme le WS-15, le turboréacteur à forte poussée actuellement utilisé sur le chasseur furtif J-20. L’efficacité globale du carburant devrait s’améliorer de 25 à 30 % par rapport au WS-15, augmentant l’autonomie et la durée des missions.
| Métrique de performance | Amélioration par rapport au WS-15 / Référence | Phase d’essai |
|---|---|---|
| Poussée spécifique | +27,6 % | Au sol |
| Poussée par unité de surface | +33 % | Au sol |
| Poussée unitaire | +47 % | Haute altitude |
| Consommation de carburant | -37,5 % | Haute altitude |
| Efficacité globale | +25–30 % | Projection |
Ces résultats sont le fruit de matériaux avancés, notamment des composites en matrice céramique haute température et des turbines à une seule cristallinité, associés à un système de commande numérique complète du moteur (FADEC). Le rapport de dérivation variable du moteur, ajustable d’environ 0,3 en combat à 10 en croisière, optimise les performances dans tous les régimes, allant du vol subsonique en patrouille au supercroisière prolongée.
Le développement de ce moteur à cycle adaptatif marque la volonté croissante de la Chine d’acquérir une autonomie en propulsion, réduisant sa dépendance aux technologies étrangères et comblant progressivement son retard face à des homologues américains comme le General Electric XA100. Avec une poussée estimée entre 180 et 200 kN (40 000 à 45 000 livres-force), il pourrait alimenter des configurations tri-réacteurs pour les futurs chasseurs de sixième génération, dont le prototype serait déjà en phase de test.
Les experts estiment que ce moteur permettra d’intégrer des systèmes énergivores tels que les armes à énergie dirigée, des capteurs de nouvelle génération, et des systèmes de guerre en réseau pilotés par intelligence artificielle. La gestion thermique renforcée, deux à trois fois supérieure aux moteurs actuels, soutiendra également ces capacités, ouvrant la voie à une redéfinition de la supériorité aérienne dans des environnements contestés.
Si des défis techniques restent à surmonter, notamment en dynamique des fluides et en validation en vol, ce moteur à cycle adaptatif place la Chine en position de force dans la course aux technologies aéronautiques de prochaine génération. Comme l’a résumé un analyste : « Ce n’est pas qu’un moteur, c’est un multiplicateur de force pour la dissuasion stratégique de Pékin. »