Des réseaux liés au Pakistan sont impliqués dans un trafic mondial d’armes, selon un rapport publié récemment. Ces organisations, implantées au Pakistan, étendent leurs activités illicites bien au-delà des frontières indiennes et afghanes, touchant des régions allant du transfert d’armes iraniennes aux Houthis au Yémen jusqu’aux marchés noirs à travers le Moyen-Orient et l’Afrique.
Les enquêtes menées aux États-Unis et en Europe ont révélé la participation de ressortissants pakistanais à des exportations illégales de munitions anti-aériennes et de technologies de drones, renforçant ainsi la réputation du Pakistan comme un centre logistique et un facilitateur majeur pour le trafic d’armes à l’échelle mondiale.
Le cas emblématique est celui de Muhammad Pahlawan, citoyen pakistanais condamné à 40 ans de prison par un tribunal fédéral américain en Virginie pour son rôle dans le trafic d’armes iraniennes à destination des rebelles Houthis au Yémen. Selon le Asian News Post, cette condamnation met en lumière l’implication profonde et persistante de certains acteurs pakistanais dans les réseaux mondiaux d’armement illégal, impactant gravement la sécurité internationale.
Les chefs d’accusation qui ont conduit à cette sentence incluent la complicité avec des groupes terroristes, la violation des contrôles sur les armes de destruction massive, ainsi que le transport illégal d’armes conventionnelles avancées. Le département de la Justice des États-Unis a notamment précisé que Pahlawan commandait un navire de pêche utilisé pour acheminer des composants sophistiqués de missiles balistiques iraniens, des pièces de missiles antinavires et des ogives vers le Yémen.
Cette opération a été interceptée en mer d’Arabie en janvier 2024 et a entraîné la mort tragique de deux membres des Navy SEALs américains lors de l’abordage du navire. Des témoins parmi l’équipage ont révélé que plusieurs d’entre eux avaient été trompés sur la nature de leur mission, soulignant ainsi le caractère transnational, clandestin et souvent coercitif de ces réseaux de trafic.
Le rapport met aussi en lumière l’évolution des méthodes adoptées par ces trafiquants pakistanais. Là où ils utilisaient auparavant des convois routiers à grande échelle, ils recourent désormais à des techniques plus sophistiquées comme les largages par drones, les transferts maritimes dissimulés et les passages clandestins de frontières, le tout souvent orchestré par des réseaux criminels organisés disposant de connexions à l’étranger.
Dans le passé, des enquêtes historiques ont documenté le rôle des services de renseignement pakistanais (l’ISI) et des groupes liés à l’armée dans l’armement de proxies étrangers ainsi que dans la gestion de chaînes de contrebande lucratives à des fins à la fois stratégiques et financières. Certains experts estiment que le déni et l’inaction des autorités policières ont permis à ces acteurs criminels et fournisseurs militants d’opérer avec une grande impunité, ce qui renforce la pérennité et l’extension de ces réseaux.
Le rapport conclut que tant que les acteurs criminels et étatiques au Pakistan disposeront des motivations, des opportunités et des réseaux nécessaires pour faciliter ces flux illégaux d’armes, la sécurité régionale et mondiale restera gravement menacée. Que ce soit par la fourniture d’armes à des clients étatiques, des proxies, des groupes sectaires ou des syndicats criminels, l’implication du Pakistan dans le trafic d’armes demeure un enjeu stratégique de longue date et un danger actuel.