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Dans une avancée majeure vers l’autonomie stratégique, le secteur privé indien de la défense développe Abhimanyu, le premier drone de combat collaboratif (CCA) entièrement conçu en Inde. Mis au point par NewSpace Research and Technologies (NRT), cet aéronef sans pilote est destiné non seulement à accompagner les avions de combat pilotés, mais aussi à engager des cibles aériennes de manière offensive, une première mondiale pour un CCA capable de frappes cinétiques air-air. Spécialement conçu pour les opérations aéronavales à partir de porte-avions, Abhimanyu pourrait également renforcer l’Armée de l’air indienne, incarnant ainsi la philosophie « Atmanirbhar Bharat » dans un contexte de rivalités grandissantes dans l’Indo-Pacifique.

Révélé à travers des maquettes et images conceptuelles lors de récentes expositions de défense, Abhimanyu se présente comme un ailier furtif et compact à l’ère de la coopération homme-machine (MUM-T). Contrairement aux drones plus volumineux tels que le XQ-58 Valkyrie américain ou le HAL CATS Warrior indien, ce drone de 4 mètres de long mise sur l’accessibilité financière et la polyvalence, avec un coût unitaire estimé à moins de la moitié de ses concurrents importés. « Abhimanyu n’est pas seulement un suiveur, c’est un finisseur », confie une source proche du projet, soulignant ses capacités en tactiques d’essaim où des flottes de drones satureraient les formations adverses tandis que leurs opérateurs humains coordonnent les opérations à distance.

Au cœur de ses performances se trouve une architecture furtive conçue pour échapper aux radars dans des espaces aériens contestés. Une caractéristique notable est la ligne de « chine » continue — une arête vive longent le fuselage qui diffuse les ondes électromagnétiques, à l’image de dispositifs furtifs comme le F-35. Ses entrées d’air basses alimentent un turboréacteur arrière, réduisant la signature infrarouge et abaissant la section radar frontale à celle d’une balle de golf selon les simulations de NRT. Ce design n’est pas qu’esthétique ; il répond aux exigences opérationnelles des porte-avions INS Vikrant et Vikramaditya, où l’espace disponible est limité et la furtivité indispensable à la survie.

Son caractère modulaire assure une grande flexibilité de mission. Les charges utiles interchangeables permettent d’assumer des rôles variés : renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR) avec radars à synthèse d’ouverture, guerre électronique pour brouiller les communications ennemies, et frappes de précision avec munitions guidées laser. Sa compatibilité porte-avions est assurée par des décollages verticaux à l’aide de fusées d’assistance ou par catapultage, avec des ailes repliables pour un stockage optimisé sur le pont. Son autonomie se situe entre 4 et 6 heures, avec un rayon d’action opérationnel d’environ 1 000 km — idéal pour escorter des Rafale-M lors des patrouilles Malabar ou pour surveiller les positions chinoises dans les îles Andaman.

La véritable innovation d’Abhimanyu réside dans son armement : une ogive de 25 kg optimisée pour l’interdiction des cibles terrestres comme aériennes. Alors que la plupart des CCA se limitent à des frappes externes contre les surfaces ou à des attaques cinétiques pilotées par avion-hôte, Abhimanyu ouvre la voie à un engagement air-air autonome. Selon des sources internes, il est capable d’intercepter des appareils lents tels que des avions de transport (ex. C-130) ou des ravitailleurs aériens (IL-78) volant en dessous de 6 000 mètres. Une détonation à proximité, activée par des capteurs infrarouges ou radar, transforme le drone en missile sol-air volant. « Il ne s’agit pas de combattre au corps à corps des MiG-29, mais de neutraliser des éléments stratégiques dans l’espace de bataille », explique la source, soulignant son rôle distinctif dans la guerre asymétrique.

Au sol, Abhimanyu agit également comme un chasseur-tueur kamikaze, capable de guetter et d’intercepter des munitions à effet de loitering telles que les Shahed-136 iraniens ou les STM Kargu turcs, qui ont marqué les récents conflits. Cette polyvalence fait d’Abhimanyu un multiplicateur de forces, avec la capacité d’intervenir en essaims de 10 à 20 drones pour submerger les défenses adverses, rappelant les tactiques déployées par les forces ukrainiennes mais avec une dimension navale renforcée.