Le programme indien de sous-marins nucléaires connaît une avancée majeure avec la prochaine classe S5 de sous-marins lanceurs d’engins balistiques (SNLE). Selon des sources navales, ces bâtiments seront les premiers à intégrer les missiles balistiques lancés depuis sous-marin (SLBM) K-5 et K-6, des armements très évolués qui marquent un saut qualitatif dans la dissuasion maritime. Parallèlement, l’Organisation de recherche et développement pour la défense (DRDO) développe en discrétion des variantes encore plus avancées, les K-7 et K-8, également destinées à la classe S5.
Le missile K-5, fruit d’une décennie de développement, offre une portée de 5 000 km. Le K-6 promet quant à lui une autonomie de plus de 6 000 km et une capacité MIRV (multiple ogives indépendamment ciblables), renforçant considérablement la capacité de seconde frappe de l’Inde dans le contexte des rivalités croissantes dans l’Indo-Pacifique.
Les informations font état d’un sous-marin S5 capable d’un déplacement immergé impressionnant de 13 500 tonnes, nécessaire pour accueillir ces lanceurs puissants. Le K-5 et le K-6 seront exclusivement déployés sur cette classe, en raison de leurs dimensions et de leurs performances supérieures, qui excèdent les capacités des tubes verticaux des générations précédentes, notamment la classe S4 (7 000 tonnes). La classe S5 devrait pouvoir embarquer jusqu’à 16 tubes, augmentant la densité et la survivabilité de ses vecteurs stratégiques, ce qui permettra des patrouilles prolongées loin des zones côtières vulnérables.
Le développement du K-5, qui s’appuie sur la technologie des missiles Agni-V, reste entouré de secret, mais ce missile à trois étages à propergol solide présente un lancement en conteneur adapté aux tirs en immersion avec une précision accrue. Aucune confirmation officielle n’a été donnée quant à la réalisation complète d’essais opérationnels, même si des essais partiels et validations de sous-systèmes font penser à une maturité attendue pour le début des années 2030. Le K-6 porte la dissuasion à un niveau supérieur, avec son design MIRV capable de frapper plusieurs cibles dispersées simultanément. Sa conception avance dans le domaine de la miniaturisation des ogives de rentrée et de la technologie de lancement à froid, garantissant une éjection furtive depuis la profondeur.
Ces missiles correspondent à la philosophie de la classe S5, qui mise sur la furtivité renforcée via une propulsion à jet de pompe, un réacteur nucléaire de 190 MW offrant une autonomie de plus de 90 jours, ainsi qu’un système de commande de tir assisté par intelligence artificielle. Contrairement aux sous-marins Arihant (S2) et S4, qui embarquent des SLBM K-15/K-4 à plus courte portée (750 à 3 500 km), les S5 avec K-5 et K-6 étendent la portée de la dissuasion à l’échelle continentale.
Par ailleurs, la DRDO poursuit des recherches sur les missiles K-7 et K-8, destinés à équiper ultérieurement la classe S5. Ces armes de nouvelle génération, dont les essais pourraient ne commencer qu’à partir du milieu des années 2030, demeurent confidentielles sur leurs caractéristiques précises telles que leurs portées, charges utiles et technologies hypersoniques. Les estimations évoquent pour le K-7 une portée de 8 000 à 10 000 km, et pour le K-8, de plus de 12 000 km, avec des véhicules à plané hypersonique capables d’échapper aux systèmes antimissiles adverses.
Cette stratégie vise à assurer à long terme la supériorité des S5 face aux capacités antimissiles croissantes, notamment chinoises avec le système HQ-19. La réserve de ces missiles dans les vastes silos des S5 évite des adaptations sur les sous-marins plus anciens et simplifie la logistique. Un expert résume ainsi : « Le K-5 et le K-6 forment l’avant-garde ; le K-7 et le K-8 garantissent que la classe S5 deviendra un gardien global. »
| Missile | Portée (km) | Caractéristiques clés | Statut | Plateforme exclusive |
|---|---|---|---|---|
| K-5 | 5 000 | Trois étages à propergol solide ; lancement en conteneur ; guidage de précision | Développement ~10 ans ; essais partiels ; pas de confirmation complète | Classe S5 uniquement |
| K-6 | > 6 000 | Capacité MIRV ; lancement à froid sous-marin ; optimisation rentrée atmosphérique | Développement initial ; focus sur sous-systèmes | Classe S5 uniquement |
| K-7 | Classifié (est. 8 000-10 000) | Éléments hypersoniques ; contre-mesures antimissiles ; charge modulaire | Conceptuel ; essais ~2035 | Spécifique classe S5 |
| K-8 | Classifié (est. >12 000) | Équivalent ICBM ; technologie boost-glide ; multi-missions | Conceptuel ; essais ~2035+ | Spécifique classe S5 |
Le secret entourant les K-7 et K-8 est délibéré, les essais ne démarrant pas avant les années 2030, pour permettre leur intégration au fur et à mesure de l’évolution des prototypes S5, dont la mise en service est prévue vers 2036. Cette approche s’inscrit dans la continuité des technologies Agni-VI et BrahMos-II, notamment sur les propulsions avancées. Aucune information n’a filtré sur les puissances des ogives ou sur les systèmes de leurres, mais la capacité MIRV du K-6 laisse supposer une modularité de 4 à 6 ogives indépendantes.
Concernant le K-5, l’absence de confirmation publique sur les essais intermédiaires alimente les interrogations : un lancement immersible depuis un simulateur INS Arihant aurait-il eu lieu ? Le silence de la DRDO préserve l’ambiguïté stratégique, un choix constant depuis la présentation du K-4 en 2013. Le K-6, avec sa capacité MIRV, répond à la nécessité de contrer les défenses saturées, à l’image des évolutions du Trident II américain.