Le nouvel avion d’entraînement avancé et de combat léger chinois de prochaine génération a effectué son vol inaugural le 28 octobre 2025, suscitant une large attention. L’appareil a été photographié au sol puis en vol, encore recouvert d’une couche de primaire jaune et sans marquages visibles.
Le JL-XX
Conçu par le Hongdu Aviation Industry Group (HAIG), basé à Nanchang et connu pour les avions d’entraînement CJ-6, JL-8 et JL-10 utilisés par l’Armée populaire de libération (APL), ce nouvel avion porte pour l’instant la désignation non officielle JL-XX. Celle-ci n’a pas encore été communiquée officiellement, d’où le nom provisoire choisi par les analystes militaires chinois.
Les premières images du JL-XX avaient fuité en juillet 2025, apparaissant en arrière-plan d’un reportage télévisé de CCTV sur le JL-10. Toutefois, cette première photographie en vol marque une étape importante dans son développement.
Le JL-XX semble être un design essentiellement nouveau, tout en s’inspirant du JL-10. Parmi les évolutions notables, on remarque un nouveau cône de nez redessiné, deux dérives inclinées semblables à celles de la série de chasseurs J-35 (contre une seule dérive sur le JL-10), ainsi que l’ajout de deux stabilisateurs ventraux évoquant ceux de la série J-20.
Les points d’emport sous les extrémités des ailes et un radôme gris suggérant la présence d’un radar renforcent l’idée que le JL-XX est un avion polyvalent de type LIFT (Lead-In Fighter Trainer), capable à la fois de formation avancée et de combat léger, à l’image du sud-coréen KAI FA-50. Cette polyvalence conférerait à l’appareil des rôles opérationnels au-delà du simple entraînement.
Le JL-XX serait propulsé par deux turboréacteurs « Minshan » développant chacun entre 4 000 et 5 000 kg de poussée, en remplacement des deux moteurs ukrainiens AI-222-25 équipant le JL-10. La désignation exacte de ces moteurs n’est pas confirmée, certains rapports citant les WS-17 ou WS-12.
Autres avions d’entraînement avancé en service dans l’APL
Actuellement, l’Armée de l’air de l’Armée populaire de libération (PLAAF) et l’Aviation navale de l’APL exploitent deux types d’avions d’entraînement avancé : le JL-9, dérivé du JJ-7, et le plus moderne JL-10. Ces deux appareils ont vu leur premier vol respectivement en 2003 et 2006, mais incarnent des philosophies de conception très différentes.
Le JL-9 a été développé comme une solution économique basée sur le JJ-7, lui-même dérivé du J-7 (version chinoise du MiG-21). Il partage de nombreux composants, notamment le moteur WP-13 et une commande de vol mécanique. On reconnaît facilement son héritage à la section arrière, tandis que le fuselage avant et l’avionique ont été modernisés. Il existe aussi une version export appelée FTC-2000, vendue à des forces aériennes comme celles du Soudan ou du Myanmar, utilisée comme avion d’attaque léger abordable.
La version navale JL-9G était initialement équipée d’un crochet d’arrêt, supprimé en production en raison de contraintes structurelles trop fortes. Elle est donc limitée à la simulation de décollages à ski depuis une piste terrestre et à des appontages sans crochet. Ses améliorations spécifiques pour la manœuvrabilité et le contrôle à basse vitesse incluent un train d’atterrissage renforcé, des ailes agrandies, des becs de bord d’attaque (slats) et des extensions à la racine des ailes. Cette version intègre également un DSI similaire au FTC-2000 et des modèles récents disposent d’un affichage tête haute (HUD) holographique comparable à celui du JL-10.
Le JL-10, quant à lui, est une conception plus récente et sophistiquée. Doté de deux moteurs avec postcombustion optionnelle, de commandes de vol électriques et d’un cockpit à affichage numérique complet, il bénéficie d’une aide technique de Yakovlev. Cette coopération explique sa ressemblance frappante avec les M-346 et Yak-130. Le JL-10 est également exporté sous la désignation L-15, avec des clients comme les Émirats arabes unis et la Zambie.
Des rumeurs évoquent une version navale du JL-10, aperçue sous forme de maquette sur le porte-avions Fujian, qui doit prochainement entrer en service. Elle pourrait intégrer un frein aérodynamique dorsal agrandi, des surfaces alaires accrues, ainsi que des stabilisateurs redessinés pour répondre aux exigences de l’exploitation depuis porte-avions.
Rin Sakurai