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Les espoirs d’un renforcement rapide de la flotte indigène de l’Armée de l’air indienne (IAF) sont sérieusement remis en question, plusieurs sources anonymes indiquant que Hindustan Aeronautics Limited (HAL) ne sera probablement pas en mesure de livrer le premier avion Tejas Mk1A avant le milieu de l’année 2026, bien au-delà de la date initialement prévue en mars 2026. Cette information, révélée par un reportage du New Indian Express, jette un voile sur les assurances répétées de HAL et ravive les doutes concernant les goulets d’étranglement rencontrés par le constructeur public dans ce programme évalué à 48 000 crores de roupies pour 83 chasseurs légers améliorés.

Le Tejas Mk1A, version enrichie en électronique du Mk1 avec radar à antenne à balayage électronique actif (AESA), systèmes de guerre électronique avancés et une sonde améliorée pour le ravitaillement en vol, devait répondre aux besoins urgents de l’IAF face à l’érosion progressive de ses escadrons. Signé en février 2021, le contrat prévoyait la livraison des trois premiers appareils d’ici février 2024, mais une série de retards, initialement attribués à la pandémie de COVID-19, a repoussé les échéances. En juin, le président de HAL, DK Sunil, assurait dans une interview accordée à The Print la livraison d’au moins six avions d’ici mars 2026, mettant en cause des problèmes d’approvisionnement des moteurs F404-IN20 fournis par General Electric (GE). Pourtant, des sources indiquent aujourd’hui que cette explication ne tient pas.

« HAL nous a fait croire que le retard de livraison était dû à un problème d’approvisionnement en moteurs aux États-Unis. Mais la réalité est tout autre. HAL a déjà reçu quatre moteurs, le premier livrés en avril », confie un haut responsable de l’IAF au New Indian Express sous couvert d’anonymat, soulignant le décalage entre les affirmations officielles et la réalité. L’usine GE de Bengaluru, mise en place dans le cadre d’un accord de transfert de technologie signé en 2023, a clairement augmenté sa cadence, livrant ces quatre moteurs depuis avril 2025 dans le contexte des efforts américains pour accélérer les chaînes d’approvisionnement de défense sous l’initiative Quad. Malgré cela, les chaînes d’assemblage de HAL à Nashik et Bengaluru restent au point mort.

Interrogeant la transparence de HAL, une autre source souligne : « HAL disait qu’ils attendaient les moteurs. Les moteurs sont là, mais où est le premier avion de chasse ? » Ce constat met en lumière des problèmes plus profonds, notamment l’intégration complexe du radar ELM-2052 et des logiciels israéliens pour les calculateurs de missions, ainsi que la rigueur des essais d’acceptation réalisés par l’IAF. « Compte tenu des contrôles et procédures nécessaires, il est probable que les délais soient à nouveau prolongés », ajoute ce témoin. « Nous avons peu de confiance dans le calendrier, car il faudra probablement au moins six mois pour finaliser ces étapes. HAL a pris un nouvel engagement sur la livraison, mais nous doutons fortement de voir l’avion livré et opérationnel avant la mi-2026. »

Depuis 2015, HAL a déjà livré plus de 40 exemplaires du Mk1 à l’IAF et à la Marine indienne, mais la montée en puissance du programme suscite une surveillance accrue. En septembre dernier, HAL a décroché une commande supplémentaire de 26 000 crores de roupies pour 97 Mk1A, portant le total à 180 appareils d’ici 2035. Cette commande constitue une bouée de sauvetage pour la société basée à Bengaluru, mais représente aussi un pari ambitieux sur une montée en cadence visant une production annuelle portée de 16 à 24 unités. Des critiques, notamment de la part de commissions parlementaires, reprochent à HAL de ne pas suffisamment exploiter les partenariats avec le secteur privé, comme Tata Advanced Systems ou Larsen & Toubro, ce qui risquerait d’aggraver encore les retards.