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Les États-Unis ont renforcé leur présence militaire en mer des Caraïbes à la suite d’attaques aériennes contre des embarcations liées à des cartels, supposément appuyées par le Venezuela. Ce déploiement illustre la volonté américaine d’adopter des mesures plus robustes, avec l’examen d’éventuelles frappes et de restrictions maritimes pour contrer ces menaces.

Depuis début septembre 2025, l’armée américaine a consolidé un important dispositif dans la région, défiant directement le Venezuela après des frappes aériennes ciblées contre des navires armés appartenant à des cartels et bénéficiant vraisemblablement d’une protection vénézuélienne. Cette montée en puissance, suivie en temps réel via des outils de cartographie des conflits, traduit un durcissement de la posture du Pentagone. Washington envisage désormais des ripostes plus sévères, incluant potentiellement des attaques de missiles Tomahawk, des incursions d’opérations spéciales ainsi que la création de zones de contrôle maritime destinées à démanteler les réseaux régionaux de contrebande.

Depuis début septembre, l’US Air Force a mené plus d’une dizaine d’attaques de précision grâce à des drones MQ-9 Reaper et des chasseurs furtifs F-35B Lightning II. Ces frappes ont visé des embarcations fortement armées, équipées de communications cryptées et faisant vraisemblablement l’objet d’escortes navales vénézuéliennes. Parmi les cibles détruites figurent des navires lourdement armés opérant près de Curaçao, à la frontière maritime du Venezuela ainsi qu’au large de la péninsule de La Guajira. Des responsables du Pentagone qualifient désormais ces missions d’« attaques d’interdiction à haut risque », menées dans le cadre de règles d’engagement élargies, en raison de la coopération étroite entre les cartels et l’État vénézuélien.

Ces opérations s’inscrivent dans la continuité de l’Opération Sentinel, lancée le 27 avril 2021 par le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis. Initialement conçue comme une mission interinstitutionnelle visant à démanteler les réseaux logistiques et financiers des organisations criminelles transnationales, cette initiative s’est progressivement militarisée sous le commandement du SOUTHCOM (Commandement Sud des États-Unis) après la confirmation, à la mi-2025, d’un soutien logistique, maritime et aérien direct des forces armées vénézuéliennes aux opérations des cartels dans les Caraïbes.

Le tournant décisif est intervenu en juin 2025, lorsque les services de renseignement américains ont confirmé que plusieurs vedettes rapides de cartels naviguaient escortées par la marine vénézuélienne dans le golfe de Paria et au sud de la mer des Caraïbes. Des arsenaux d’armes liés à des dépôts militaires vénézuéliens ont été saisis sur ces embarcations interceptées, conduisant à une requalification du niveau de menace dans la région.

En réponse, le Département de la Défense américain a lancé le plus important déploiement militaire dans la zone depuis l’opération de Panama en 1989.

Au 30 octobre 2025, plus de 10 000 soldats US ont été déployés dans les Caraïbes, appuyés par une puissante force navale, aérienne et de militaires spécialisés. Au cœur de cette stratégie se trouve le Groupe de frappe du porte-avions USS Gerald R. Ford, redéployé de ses opérations en Europe vers la zone sous responsabilité du SOUTHCOM. Ce groupe comprend notamment l’Aile aérienne embarquée 8, qui rassemble des avions F/A-18E/F Super Hornet, EA-18G Growler, E-2D Hawkeye et hélicoptères MH-60R/S Seahawk, offrant des capacités avancées d’attaque, de surveillance et de supériorité aérienne.

Le porte-avions est escorté par cinq destroyers de classe Arleigh Burke – USS Winston S. Churchill, USS Bainbridge, USS Mahan, USS Mitscher et USS Forrest Sherman – tous équipés de missiles de croisière Tomahawk à capacité terrestre et intégrés au système de défense antimissile Aegis. Ces navires patrouillent les couloirs maritimes stratégiques des Caraïbes centrales et orientales, à portée de frappes contre des objectifs clés vénézuéliens.

Un soutien amphibie est assuré par le Groupe amphibie USS Iwo Jima, embarquant la 22e unité expéditionnaire de Marines (SOC). Plus de 1600 Marines, transportés par les navires USS Iwo Jima, USS San Antonio et USS Fort Lauderdale, sont prêts à effectuer des opérations d’assaut amphibie et vertical. Leur arsenal aérien comprend des AV-8B Harrier, AH-1Z Viper, CH-53E Super Stallion et MV-22B Osprey, permettant des frappes précises, des évacuations et des interventions rapides.

Parmi les autres moyens navals américains présents figurent les destroyers lance-missiles USS Stockdale, USS Jason Dunham et USS Gravely, ainsi que le sous-marin d’attaque USS Newport News. Ce dernier mène probablement des missions clandestines de renseignement, surveillance, reconnaissance (ISR) et d’appui aux frappes au large des côtes vénézuéliennes. Des patrouilleurs rapides et des navires logistiques de la Garde côtière américaine, dont l’USAV Wilson Wharf (LCU 2011), assistent les opérations d’interdiction et d’approvisionnement dans les eaux contestées.

Concernant les forces aériennes, elles sont déployées à Puerto Rico, à Santa Cruz et à Trinidad-et-Tobago, appuyées par des radars à longue portée, des batteries de défense anti-aérienne et des systèmes ISR sophistiqués. Les chasseurs F-35B du VMFA-225 réalisent des missions de survol et de présence depuis la base aérienne Roosevelt Roads, tandis que les AC-130J Ghostrider, P-8 Poseidon et MQ-9 Reaper assurent une surveillance permanente et disposent d’une capacité d’attaque directe.

Le 15 octobre 2025, l’US Air Force a conduit une mission stratégique avec des bombardiers B-52H Stratofortress près de l’espace aérien vénézuélien, assoyant une démonstration de force dans un contexte de tension croissante. Trois B-52, partis de la base aérienne de Barksdale en Louisiane, ont survolé l’espace aérien international au large des côtes du Venezuela, escortés par des F-35B opérant depuis Puerto Rico, et soutenus par des ravitailleurs KC-135. Cette opération, qualifiée de « démonstration de capacité d’attaque par bombardier », visait à simuler des frappes à longue portée contre des cibles mobiles ou fixes, au sein de la zone de défense aérienne vénézuélienne.

Cette mission a clairement signifié la détermination de Washington à intensifier la pression par la puissance aérienne stratégique, envoyant un message fort au régime de Nicolás Maduro ainsi qu’aux forces liées aux cartels agissant sous leur protection.

En réponse, les Forces armées nationales bolivariennes (FANB) ont procédé à une mobilisation militaire énergique. Des images datées du 30 septembre montrent une concentration d’avions multirôles Su-30MKV, de chasseurs F-16A/B Fighting Falcon, de C-130, de transporteurs Shaanxi Y-8 ainsi que d’hélicoptères Mi-17 et Mi-35 sur la base aérienne El Libertador. Si leur flotte de combat aérien est partiellement modernisée, elle demeure opérationnelle, avec quatre escadrons de Su-30 en première ligne, soutenus par des plateformes plus anciennes comme le F-5 Freedom Fighter et le K-8W Karakorum destinés au soutien aérien léger et à la formation.

Sur le plan naval, les patrouilles vénézuéliennes ont significativement augmenté. Des vedettes rapides et des corvettes accomplissent des missions d’escorte régulières autour de navires suspectés d’appartenance aux cartels. Ces mouvements ont été observés dans le golfe de Paria, dans les eaux proches de Trinidad-et-Tobago, ainsi qu’autour des îles La Orchila et Margarita, amenant ces embarcations à croiser de très près les forces navales américaines.