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Des représentants de l’industrie nucléaire de défense britannique alertent sur un décalage majeur entre le Royaume-Uni, ses partenaires AUKUS, et la Chine, dont la production de sous-marins s’accélère bien plus rapidement que celle des pays occidentaux.

Lors d’une audition devant la commission de la Défense, le député Fred Thomas a souligné que Pékin a mis à l’eau « quatre sous-marins l’année dernière » et pourrait construire « jusqu’à 80 bâtiments au cours de la prochaine décennie ». En comparaison, les États-Unis et le Royaume-Uni peinent à maintenir une production annuelle de quelques unités seulement.

Steve Timms, directeur général de BAE Systems Submarines, a indiqué que le problème ne réside pas tant dans la technologie que dans les facteurs politiques et structurels. « Il s’agit moins de technologie que d’appétit, de volonté et des choix que nous faisons », a-t-il déclaré aux députés. « Nous devons susciter une adhésion nationale et prioriser cette capacité ».

Après des décennies de sous-investissement et de renversements de politique, Timms estime indispensable que le Royaume-Uni reconstruise sa base industrielle, sa chaîne d’approvisionnement et ses effectifs afin de répondre aux exigences accrues imposées par AUKUS. Il cite les avancées du programme Dreadnought comme un signe d’un élan retrouvé, tout en avertissant qu’une vision « pluri-décennale et multi-générationnelle » est nécessaire.

Harry Holt, directeur des activités nucléaires chez Babcock International, explique la rapidité chinoise par « l’ampleur, l’ambition et la capacité à orienter l’activité de la chaîne d’approvisionnement dans le cadre du plan quinquennal ». Il ajoute que les processus démocratiques britanniques et une culture d’approvisionnement fragmentée compliquent le maintien d’un rythme similaire.

Steve Carlier, président de Rolls-Royce Submarines, insiste également sur la constance industrielle : « Disposer d’un plan très long terme dans lequel on s’engage est la meilleure manière de construire des sous-marins nucléaires. Cela correspond précisément à la façon dont la Chine gère son économie ».

Les intervenants ont mis en garde contre un flottement des politiques parmi les partenaires AUKUS. Carlier a rappelé que l’industrie « ne répond pas bien aux changements fréquents de rythme », tandis que Holt a insisté sur la nécessité d’une certitude à long terme pour attirer les investissements privés.