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L’Indian Air Force (IAF) confirme son ambition d’équiper ses escadrons avec 200 avions de chasse Tejas MkII, déployés par phases. Ce programme serve à remplacer progressivement les Mirage 2000 et MiG-29, intégrant une montée en puissance accélérée grâce à une nouvelle approche d’intégration des armements pilotée par l’IAF.

La Tejas MkII représente un saut technologique majeur par rapport à la Mk1A, avec un moteur GE F414 plus puissant, une configuration canard-delta, et une capacité d’emport portée à 6 500 kg. Cette avancée promet une supériorité aérienne à un coût d’importation significativement inférieur.

Un engagement progressif et massif

Selon des sources fiables, l’IAF a garanti initialement la commande de 120 appareils, répartis en six escadrons, générant un investissement d’environ 120 000 crores de roupies dans l’écosystème industriel de Hindustan Aeronautics Limited (HAL). Ce n’est toutefois pas une limite : quatre escadrons supplémentaires (soit 80 avions) sont prévus dès le démarrage de la production en série, portant le total à 200 avions répartis sur 10 escadrons.

“L’IAF s’est engagée à déployer 10 escadrons de Tejas MkII, en deux phases : d’abord six escadrons, puis quatre autres plus tard”, souligne un haut responsable, précisant que cette approche flexible permettra d’ajuster les livraisons en fonction des performances et de l’évolution des menaces.

Cet engagement s’inscrit dans la stratégie d’autonomisation militaire à long terme définie dans le Plan Intégré de Perspective à 15 ans (LTIPP), alors que la force actuelle compte seulement 31 escadrons actifs pour un effectif agréé de 42. La mise en service des MkII, dont les premiers vols sont attendus à la mi-2026, comblera ainsi les lacunes dans la catégorie poids moyen. Cette flotte viendra en complément des 36 Rafale et 114 Mk1A déjà déployés. L’usine HAL de Nashik, poussée à une cadence de 24 avions annuels d’ici 2030, sera au cœur de la production, renforcée par un feu vert récent d’environ 62 000 crores pour les Mk1A.

Une intégration d’armement repensée pour accélérer l’entrée en service

La nouveauté majeure réside dans la rationalisation de la chaîne d’intégration des armements, visant à éviter les retards récurrents du passé, comme ceux observés avec la Mk1 durant près d’une décennie. Avant le lancement de la production, seules 5 à 6 armes essentielles seront certifiées par l’Agence de Développement Aéronautique (ADA) et HAL : notamment les missiles air-air à longue portée Astra Mk1 et Mk2, les missiles air-air Derby ER, ainsi que les bombes guidées de précision Spice-2000 prévues pour la première phase opérationnelle.

Pour la première fois, l’IAF mettra en service les appareils dans une configuration « basique » concentrée sur la supériorité aérienne, tout en supervisant en parallèle des tests et intégrations supplémentaires. “L’avion disposera d’armes air-air basiques lors de la Phase I, et lors de la Phase II – sous contrôle direct de l’IAF –, d’autres armements seront ajoutés selon les besoins de la force, avec l’aide du TACDE [Tactics and Air Combat Development Establishment] et du département logiciel de l’IAF”, expliquent les sources. Cette méthode pilote, s’appuyant sur les laboratoires internes de qualification logicielle STQC de l’IAF, permettra d’écourter considérablement les délais d’intégration et d’éviter les difficultés rencontrées avec la Mk1A.

La Phase II prévoit un arsenal complet, comprenant les missiles anti-radiations Rudram, le missile de croisière maritime BrahMos-NG, ainsi que des munitions en vol stationnaire comme le Nagastra. Ces capacités seront validées lors d’essais balistiques en conditions réelles à Pokhran ou Jamnagar. Par ailleurs, les simulations en « red team » du TACDE viseront à optimiser la résistance électronique face à des menaces spécifiques, comme les chasseurs chinois J-10C, afin que le Tejas MkII s’adapte en permanence en fonction des retours du terrain et non seulement via des ajustements théoriques.

Cette doctrine d’introduction en deux phases reflète une maturité croissante : l’IAF passe du scepticisme initial à la maîtrise complète de ses plateformes indigènes, incarnant une nouvelle ère pour l’aviation de combat nationale.