Le Pentagone tient à rappeler aux membres des forces armées que le nouveau film Netflix « A House of Dynamite » est une œuvre de fiction.
Selon Bloomberg News, l’Agence de défense antimissile (Missile Defense Agency) a envoyé un mémo interne à son personnel en début de mois, leur demandant de se préparer à corriger les idées fausses et fournir des informations exactes concernant les intercepteurs de missiles américains, tels que présentés dans le film. Ce long-métrage, réalisé par Kathryn Bigelow (« Point Break », « Zero Dark Thirty »), est sorti sur Netflix ce week-end et met en scène des militaires et personnels de défense américains confrontés à la menace d’un missile balistique intercontinental entrant.
Attention, la suite contient des révélations sur l’intrigue de « A House of Dynamite ».
Peu après la détection du missile au-dessus du Pacifique — le film ne révèle ni qui l’a lancé ni pour quelle raison — les soldats de l’armée basés à Fort Greely, en Alaska, tirent deux intercepteurs au sol pour tenter de l’abattre. Un des intercepteurs ne parvient pas à se déclencher, tandis que l’autre manque sa cible, laissant les États-Unis avec seulement quelques minutes avant l’impact, sans moyen de stopper la menace. Ce choix scénaristique constitue un point majeur de désaccord auprès du Département de la Défense américain.
« Les intercepteurs fictifs du film ratent leur cible et nous comprenons que ceci vise à rendre le récit dramatique et divertissant pour le public », indique le mémo, selon Bloomberg. La note précise également que, lors de tests, les intercepteurs ont montré une efficacité de 100 % depuis plusieurs années, et conteste le chiffre avancé dans le film de 50 milliards de dollars concernant le coût de ces systèmes.
Le scénario s’appuie largement sur cet échec hypothétique des intercepteurs, avec des personnages soulignant le risque inhérent à leur usage. Le secrétaire à la Défense (incarné par Jared Harris) évoque une chance de succès de l’ordre de 50-50, tandis que le conseiller adjoint à la sécurité nationale (Gabriel Basso) compare cette interception à « tirer une balle sur une autre balle ». Le récit se concentre ensuite sur les conséquences de cet échec, où tout le monde, des experts en sécurité au président des États-Unis (Idris Elba), cherche à déterminer l’origine de l’attaque et la réponse à adopter.
Le mémo interne souligne par ailleurs que le film renforce l’importance d’un système de défense antimissile actif, rappelant que « la dissuasion peut échouer ».
Dans une déclaration à Bloomberg News, le Pentagone a indiqué ne pas avoir été consulté lors de la réalisation du film et que « A House of Dynamite » ne reflète pas les vues ni les priorités de l’administration. Selon la presse spécialisée dans le cinéma, la production a débuté en octobre 2024 et s’est achevée avant la fin de la même année.
Interrogé par MSNBC ce week-end, le scénariste Noah Oppenheim a répondu au mémo, affirmant qu’il accueille favorablement le débat, tout en exprimant un désaccord respectueux sur l’affirmation de la précision absolue des intercepteurs, en s’appuyant sur ses recherches et ses échanges avec des experts.
« Ce que nous montrons dans le film est exact », a-t-il déclaré.
« A House of Dynamite » est disponible en streaming sur Netflix.