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Les États-Unis cherchent à renforcer leur relation stratégique avec le Pakistan, sans que cela ne se fasse au détriment de leurs liens avec l’Inde, a déclaré le secrétaire d’État Marco Rubio.

« Tout comme l’Inde entretient des relations avec des pays avec lesquels les États-Unis n’ont pas de liens, l’inverse est aussi vrai », a expliqué Rubio aux journalistes samedi, à bord d’un vol en direction de Doha. « Cela fait partie d’une politique étrangère mature et pragmatique », a-t-il ajouté. « Je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit dans notre coopération avec le Pakistan qui compromette notre relation ou notre amitié avec l’Inde, qui est profonde, historique et importante. »

Le récent réajustement de la politique américaine en direction du Pakistan, initié sous la présidence de Donald Trump, avait irrité New Delhi et coïncidé avec un certain refroidissement des relations entre Trump et le Premier ministre indien Narendra Modi.

Le Pakistan et l’Inde, deux voisins dotés de l’arme nucléaire et marqués par une histoire conflictuelle, ont frôlé une guerre ouverte en mai dernier. Trump a affirmé avoir tenté d’utiliser le commerce comme levier pour forcer un accord de paix entre les deux pays, une affirmation rejetée par l’Inde. De son côté, le Pakistan avait salué l’intervention américaine, allant jusqu’à proposer Donald Trump pour le prix Nobel de la paix à cette époque.

« Nous sommes pleinement conscients des défis liés à l’Inde et à d’autres aspects, mais notre rôle est de tenter de créer des opportunités de partenariat avec les pays où cela est envisageable », a précisé Rubio. « Nous avons une longue histoire de coopération avec le Pakistan dans la lutte contre le terrorisme et sur d’autres questions similaires. Nous aimerions étendre cette collaboration au-delà de ces domaines, si possible. »

Rubio a indiqué qu’il avait contacté le Pakistan bien avant le début du récent conflit avec l’Inde, soulignant que les États-Unis étaient « intéressés à reconstruire une alliance, un partenariat stratégique ».

Dans ce contexte, les États-Unis ont imposé à l’Inde un tarif douanier de 50 % sur ses exportations, bien plus élevé que celui appliqué au Pakistan, fixé à 19 %. Par ailleurs, Washington a conclu des accords avec Islamabad concernant l’exploitation de minerais critiques et le secteur pétrolier.

Rubio est arrivé en Malaisie dimanche pour participer au sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean), accompagné de Donald Trump. Narendra Modi, lui, n’a pas assisté à ce sommet, manquant l’occasion d’une rencontre avec le président américain.

Le président Trump a supervisé dimanche la signature d’un accord de paix entre la Thaïlande et le Cambodge, soulignant ainsi son bilan en matière de médiation des conflits. Il a évoqué le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le chef de l’armée Asim Munir en les qualifiant de « grandes personnalités ».

Sur le volet diplomatique, Rubio devrait rencontrer lundi le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, à l’occasion du sommet de l’Asean. Cette rencontre offrira l’opportunité d’aborder les négociations commerciales ainsi que les achats par l’Inde de pétrole russe.

Les États-Unis exigent qu’India cesse ses achats d’énergie russe, arguant que ces achats financent la guerre menée par le président Vladimir Poutine en Ukraine. L’Inde figure parmi les principaux acheteurs de brut russe, qui représente environ un tiers des importations pétrolières totales du pays. La récente sanction américaine contre deux importants fournisseurs russes d’hydrocarbures a poussé les acteurs indiens à rechercher d’autres sources d’approvisionnement.

Rubio a souligné que New Delhi avait déjà informé Washington de son intention de diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique et d’acheter davantage d’énergie aux États-Unis.

« Plus nous leur vendrons, moins ils achèteront ailleurs », a-t-il conclu.