Dans un renforcement majeur de la coopération de défense indo-russe, le programme tant attendu du missile hypersonique BrahMos-II est sur le point d’obtenir l’aval de Moscou, ouvrant la voie au co-développement d’une version export dérivée du 3M22 Zircon russe. Ce missile de nouvelle génération, intégrant des électroniques et des capteurs indiens, devrait atteindre des vitesses supérieures à Mach 6, avec une capacité surface-surface et être lancé depuis des plateformes mobiles terrestres, des navires de guerre ou des sous-marins. Il garantira ainsi la capacité de dissuasion stratégique de l’Inde pour plusieurs décennies face à l’évolution des menaces.
Les négociations entre BrahMos Aerospace et le bureau russe NPO Mashinostroyeniya ont progressé régulièrement, les deux pays affichant un vif intérêt pour ce projet lors de consultations à haut niveau plus tôt cette année. Initialement suspendu en 2019 à cause de difficultés technologiques, le programme a été relancé, la coopération stratégique étant redevenue centrale. Ce missile de croisière hypersonique, destiné à succéder à la famille supersonique BrahMos déjà éprouvée, reposera sur une propulsion scramjet inspirée du Zircon, lui permettant d’atteindre des vitesses supérieures à Mach 6 (plus de 7 400 km/h) et une portée dépassant potentiellement 1 000 km, ce qui lui permettrait de surclasser la plupart des systèmes de défense aérienne modernes.
Un élément clé de l’accord réside dans la demande indienne d’un transfert de technologie (ToT) compris entre 60 et 70 % dès le départ, afin de permettre une production locale dans les installations BrahMos situées à Nagpur et Hyderabad. Cette intégration indigène, comprenant des systèmes de guidage avancés, des capteurs radar (RF) et une avionique résistante aux contre-mesures électroniques développée par le DRDO, adaptera le missile pour les marchés d’exportation tout en réduisant la dépendance extérieure. « La version export sera révolutionnaire, combinant l’aérodynamique russe et la précision technologique indienne », a confié un expert de la défense, soulignant sa compatibilité avec des lanceurs mobiles pour un déploiement rapide en terrains difficiles, ainsi qu’avec des systèmes de lancement vertical à bord de plateformes navales telles que les sous-marins classe Project-18 ou Arihant.
La nécessité du BrahMos-II s’est faite particulièrement pressante après l’Opération Sindoor de mai 2025, où des frappes BrahMos contre des infrastructures terroristes au Pakistan ont illustré la difficulté persistante à intercepter des projectiles supersoniques. Malgré la mobilisation des forces aériennes pakistanaises et des systèmes de défense fournis par la Chine, la vitesse de Mach 2,8 et la trajectoire en vol très basse des missiles ont déjoué la plupart des systèmes, révélant des lacunes même dans des dispositifs avancés comme le HQ-9.