Article de 502 mots ⏱️ 3 min de lecture

Le commandant Craig Raeburn, chef d’état-major du Groupe maritime permanent 1 de l’OTAN (SNMG1), souligne que la capacité de l’Alliance à coordonner ses actions entre nations et systèmes la rend plus puissante que n’importe quel État pris isolément.

Interviewé à bord du HNLMS Johan de Witt à Londres, Craig Raeburn décrit sa fonction comme celle de transformateur des stratégies en actions concrètes. « Je suis le bras droit du commandant, un officier néerlandais de rang une étoile, » explique-t-il. « Mon rôle est essentiellement d’appliquer les directives stratégiques du commodore. Lui définit ce qu’il veut faire, et moi, je m’assure de la mise en œuvre. J’assure aussi son rôle lorsqu’il est absent. »

Il supervise un état-major multinational composé d’une vingtaine d’officiers : « Je dirige une équipe d’environ 20 personnes, principalement des officiers néerlandais, mais aussi une quinzaine d’officiers internationaux, notamment portugais, espagnols et allemands. Par le passé, j’ai aussi travaillé avec des officiers polonais, suédois et finlandais. »

Le commandant Raeburn insiste sur la simplicité de la coordination grâce à des systèmes communs et des communications sécurisées : « Nous utilisons des systèmes communs, pas forcément des armes ou plateformes identiques, mais nos systèmes de communication, de commandement et de contrôle sont très proches. Nous employons notamment des systèmes Link qui transmettent des données sur les cibles et le suivi, informations facilement partagées avec chaque nation. Notre réseau de communication opère dans un cadre sécurisé propre à l’OTAN, permettant des échanges libres, qu’ils soient vocaux, numériques ou satellitaires. »

Travailler avec des officiers de toute l’Alliance est devenu naturel pour lui : « J’ai passé environ la moitié de ma carrière navale dans des environnements internationaux. J’ai servi en Corée du Sud, en Yougoslavie et au Canada. J’ai enseigné à l’École de guerre canadienne pendant trois ans ainsi qu’à l’École de guerre néerlandaise pendant deux ans. Je comprends bien les sensibilités de chacun, et tout se résume à trouver un terrain d’entente pour collaborer efficacement. »

Selon lui, l’anglais reste la langue clé dans les opérations maritimes : « L’anglais est la lingua franca du domaine maritime. Tous les officiers maîtrisent donc cette langue. Les barrières culturelles peuvent être un défi, mais elles se franchissent facilement. »

Interrogé sur le message que cette coopération exprime au-delà de l’Alliance, Raeburn répond qu’elle illustre la cohésion et la puissance communes : « Cela montre nos capacités et le fait que nous sommes solidement unis. Nous pouvons travailler ensemble et opérer conjointement. C’est un véritable défi pour un État seul qui voudrait constituer une menace. »

« Ensemble, en tant qu’OTAN, nous sommes nettement plus forts que n’importe quelle autre nation au monde, surtout lorsque les États-Unis apportent leur puissance. C’est vraiment la force d’être unis. »