Article de 1023 mots ⏱️ 5 min de lecture

Des bombardiers américains B-1B de l’US Air Force ont récemment survolé les côtes du Venezuela ainsi que ses îles périphériques dans la mer des Caraïbes. La semaine précédente, trois bombardiers B-52 de l’US Air Force avaient été détectés dans la même zone. L’armée américaine a confirmé ces incursions, précisant que les bombardiers étaient accompagnés de chasseurs d’attaque conjoints F-35B du Corps des Marines.

Cette activité s’inscrit dans un effort accru du gouvernement américain pour faire pression sur le régime de Nicolás Maduro, notamment en raison des accusations de trafic illégal de drogue, avec une éventualité grandissante d’une action militaire directe contre des cibles sur le sol vénézuélien.

Les données de suivi des vols en ligne indiquent que, dans la matinée du vendredi 24 octobre, au moins deux bombardiers B-1 ont décollé de la base aérienne de Dyess au Texas. Environ 90 minutes plus tard, des ravitailleurs KC-135 basés à MacDill en Floride ont également été repérés. Les vols, identifiés sous les indicatifs BARB21 et BARB22, ont alors été suivis à proximité du Venezuela. Selon ces données, bien que perfectibles, les avions se seraient approchés à moins de 40 kilomètres des côtes vénézuéliennes et encore plus près des îles Los Testigos.

Une intense activité américaine dans la région

Les informations de suivi et les enregistrements de la circulation aérienne, accessibles publiquement, ont révélé une intense activité militaire américaine dans cette partie du Caraïbe, comprenant des avions-citernes KC-135 et un avion de renseignement RC-135. Bien que le type exact de RC-135 présent ne soit pas confirmé, par le passé, des modèles RC-135V/W Rivet Joint ont déjà opéré dans cette zone.

Par ailleurs, un avion E-11A du système BACN (Battlefield Airborne Communications Node) de l’USAF a été repéré en direction de Porto Rico, où les États-Unis maintiennent d’importantes infrastructures militaires. Cet appareil joue un rôle crucial en facilitant les communications et l’échange de données entre plateformes variées au sein du théâtre d’opérations, particulièrement lors de missions militaires complexes et d’opérations spéciales.

Des déclarations contrastées de Washington

Le Wall Street Journal a confirmé les départs des B-1, citant des sources anonymes. Cependant, les propos du président Donald Trump ont apporté une certaine confusion. Lors d’une conférence de presse, il a été interrogé sur ces survols :

« Il y a des rapports indiquant que les États-Unis ont envoyé des bombardiers B-1 près du Venezuela pour augmenter la pression militaire sur place. Est-ce exact ? Pouvez-vous nous en dire plus sur cette mission ? »

Le président a répondu :

« Non, ce n’est pas vrai. C’est faux. Mais nous ne sommes pas satisfaits du Venezuela pour de nombreuses raisons. »

Contexte et capacités militaires vénézuéliennes

Ces vols s’inscrivent dans un contexte établi où l’US Air Force a déjà déployé ses bombardiers dans des missions antidrogue dans la région caraïbéenne. Les B-52 et B-1 disposent d’un rayon d’action et d’une précision qui leur permettent de participer à la détection et la poursuite de navires suspects impliqués dans le trafic de stupéfiants.

Comme lors des vols du B-52 la semaine passée, les trajectoires observées laissent penser à une démonstration de force envers le gouvernement vénézuélien. L’armée américaine a elle-même qualifié ces opérations de « missions de démonstration d’attaque par bombardiers ».

En cas d’intervention directe, les États-Unis pourraient engager des frappes à distance à partir des B-1 ainsi que d’autres plateformes, visant des cibles terrestres et maritimes avec divers armements conventionnels. Bien que les forces armées vénézuéliennes disposent de capacités limitées en matière de défense aérienne, elles demeurent une menace crédible.

Le président Maduro a récemment affirmé que son pays dispose de 5 000 missiles sol-air portables de type Igla-S, déployés à des « positions clés de défense aérienne ». Cette information a été partiellement confirmée par Reuters, qui a indiqué toutefois que l’armée vénézuélienne ne posséderait que 1 500 des dispositifs de tir nécessaires, connus sous le nom de « culatas de prise ».

Les autres capacités militaires du Venezuela, qu’elles soient terrestres, aériennes ou navales, restent limitées. Néanmoins, certains systèmes comme les missiles antinavires supersoniques Kh-31 d’origine russe, lancés depuis les airs, représentent encore une menace potentielle en cas d’agression.

Un contexte de tensions liées au trafic de drogue

Cette intense activité aérienne près des côtes vénézuéliennes intervient notamment après les déclarations de Donald Trump sur la possibilité d’ordonnancer des frappes terrestres contre les cartels de drogue. Ces déclarations ont eu lieu lors d’une conférence de presse conjointe avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, à la Maison-Blanche.

Le Pentagone avait annoncé le même jour une première attaque contre un navire lié à une Organisation Terroriste Désignée dans la zone du Pacifique Est, suivi d’une seconde frappe quelques heures plus tard.

« Aujourd’hui, sur ordre du président Trump, le Département de la Guerre a mené une nouvelle frappe cinétique létale contre un navire opéré par une organisation terroriste désignée (DTO). Une fois de plus, les terroristes tués étaient impliqués dans le trafic de drogue dans le Pacifique Est. » a tweeté Pete Hegseth, secrétaire à la Guerre.

Ces opérations reflètent la montée en puissance de la pression états-unienne dans les Amériques pour contrer le narcotrafic, avec le Venezuela placé au cœur des préoccupations stratégiques américaines.