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L’Inde progresse rapidement dans les technologies quantiques avancées afin de renforcer ses capacités de défense. Le directeur du DRDO, le Dr Samir V. Kamat, a révélé que l’Inde développe activement des technologies de détection quantique capables d’identifier les sous-marins à des profondeurs allant jusqu’à 100 à 200 mètres, grâce à des magnétomètres ultra-sensibles installés sur des drones ou des avions.

Lors d’une récente intervention, le Dr Kamat a présenté les travaux du DRDO dans trois domaines clés des technologies quantiques : l’informatique quantique, la détection quantique et les communications quantiques. Parmi ceux-ci, la détection quantique trouve une application stratégique directe dans la lutte anti-sous-marine.

« La détection des sous-marins relève de la détection quantique, où l’on exploite l’interférence quantique pour repérer de très faibles variations du champ magnétique. Lorsqu’un sous-marin se déplace, sa coque en acier perturbe le champ magnétique terrestre. Ces petites perturbations peuvent être détectées par des capteurs magnétiques embarqués sur un drone ou un avion. Ainsi, on peut détecter les sous-marins jusqu’à une profondeur de 100 à 200 mètres. C’est une technologie très utile », a expliqué le Dr Kamat.

Pour rendre cette capacité opérationnelle, le DRDO travaille sur des magnétomètres avancés capables de repérer des variations à l’échelle du picotesla (pT) dans le champ magnétique terrestre. Un picotesla représente un billionième de tesla, ce qui souligne la sensibilité extrême requise pour ce type de détection sous-marine.

Lorsque le sous-marin se déplace sous l’eau, la coque en acier modifie subtilement le champ magnétique ambiant. Les capteurs basés sur l’interférence quantique peuvent capter ces très faibles anomalies, permettant une détection passive sans recourir au sonar actif — un avantage tactique majeur, car les impulsions sonar révèlent la position de l’équipement de détection.

En intégrant ces capteurs quantiques sur des véhicules aériens sans pilote (UAV) ou des aéronefs, il devient possible de surveiller de vastes zones océaniques de manière silencieuse et continue, améliorant ainsi la connaissance de la situation maritime et les capacités de lutte anti-sous-marine.

Le Dr Kamat a insisté sur le fait que cette technologie n’est pas une perspective lointaine ou purement théorique.

« Ce n’est pas très futuriste ; nous espérons disposer de cette capacité indigène dans les 2 à 3 prochaines années », a-t-il précisé.

Ce calendrier traduit que le programme de détection quantique du DRDO a dépassé le stade de la recherche initiale pour se diriger vers la phase de développement de prototypes et d’intégration terrain.

Les sous-marins figurent parmi les actifs militaires les plus difficiles à détecter, notamment les sous-marins diesel-électriques qui opèrent silencieusement à des profondeurs moyennes. Les systèmes sonar traditionnels rencontrent des limites dans les zones peu profondes ou dans les environnements bruyants, faisant des techniques de détection des anomalies magnétiques (MAD) et des capteurs quantiques des alternatives précieuses.

Si cette technologie quantique indigène est déployée avec succès, elle pourrait transformer la donne dans la région de l’océan Indien, en renforçant la capacité de la Marine indienne à surveiller les activités sous-marines et à protéger les voies maritimes stratégiques.

Par ailleurs, son développement national garantit une autonomie stratégique, réduit la dépendance aux technologies étrangères et positionne l’Inde comme un acteur majeur des systèmes anti-sous-marins de nouvelle génération.