Dans une décision majeure visant à renforcer la supériorité aérienne de l’Inde, le Conseil d’Acquisition de la Défense (DAC), présidé par le ministre de la Défense Rajnath Singh, a approuvé des propositions d’acquisition totalisant environ 79 000 crores de roupies pour l’Armée de Terre, la Marine et l’Armée de l’Air indienne (IAF). Parmi les points forts figure l’acceptation de la nécessité (AoN) pour le système révolutionnaire Collaborative Long Range Target Saturation/Destruction System (CLRTS/DS), une plateforme sans pilote de pointe conçue pour transformer les frappes de précision de l’IAF.
Cette approbation, annoncée le 23 octobre, illustre l’engagement du gouvernement en faveur de l’innovation indigène face à l’évolution des menaces, notamment les défenses aériennes adverses et la guerre asymétrique. Le CLRTS/DS apparaît comme un multiplicateur de force, permettant à l’IAF de mener des opérations à fort impact tout en minimisant les risques pour les moyens habités.
Au cœur du CLRTS/DS se trouve une autonomie complète, avec la capacité de décoller, atterrir, naviguer, détecter des cibles et délivrer des charges utiles de manière indépendante dans des zones de mission contestées. Cette autonomie intégrale autorise le système à fonctionner en environnement privé de GPS, s’appuyant sur des capteurs embarqués et des algorithmes alimentés par intelligence artificielle pour exécuter des manœuvres complexes sans supervision humaine constante.
Décrit comme une munition intelligente loitering à longue portée, le CLRTS/DS s’inspire des tendances mondiales des drones “kamikazes”, tout en les surpassant par une intelligence collective en essaim. Selon des sources militaires, ce système déploiera des flottes de drones entièrement autonomes, optimisés pour évoluer dans des environnements de guerre électronique (GE) dense, où brouillage et usurpation sont omniprésents. Offrant une portée opérationnelle supérieure à 1 100 km, ces munitions peuvent pénétrer profondément en territoire ennemi et maintenir une présence prolongée avant d’exécuter une attaque coordonnée dévastatrice.
La conception en essaim est particulièrement remarquable : jusqu’à 80 % des drones formant une cohorte seront équipés de charges explosives puissantes destinées à des effets cinétiques directs, tandis que les 20 % restants serviront de nœuds d’intelligence distribuée, dotés du système Digital Scene Matching Area Correlator (DSMAC) pour une navigation précise et de liaisons de données robustes permettant une coordination en temps réel. Cette configuration hybride garantit une grande résilience — même si certains engins sont neutralisés, le réseau s’adapte et redistribue les tâches sans faille.
La véritable puissance du CLRTS/DS réside dans sa dynamique d’essaim, capable de tactiques susceptibles de neutraliser intégralement des bases aériennes ennemies. Ces essaims peuvent se regrouper à longue portée en plein vol, converger sur des cibles de haute valeur telles que pistes d’atterrissage, centres de commandement ou dépôts de carburant, en partageant les renseignements pour une sélection optimale. Parmi les fonctionnalités avancées, on retrouve des profils d’attaque en haute vitesse par le haut pour neutraliser des blindés, des trajectoires spiralées pour une surveillance persistante, ainsi que des charges spécialisées capables de pénétrer des abris ou de perturber les réseaux électriques — aptitudes susceptibles de paralyser le rythme opérationnel d’un adversaire en quelques heures.
Dans les environnements à guerre électronique dense, les liaisons de données du système facilitent des communications chiffrées en réseau maillé, permettant aux drones de relayer les informations, d’échapper aux contre-mesures et d’attribuer dynamiquement les rôles. Cette approche de “saturation” vise à submerger les défenses aériennes par le volume et l’imprévisibilité, transformant un seul lancement en une attaque multi-vecteurs. Les premiers concepts étudiés par l’IAF depuis 2025 prévoyaient des portées autour de 1 000 km pour ces systèmes, mais le CLRTS/DS repousse ces limites pour répondre aux défis stratégiques dans la région Indo-Pacifique.
Cette approbation intervient à un moment crucial où l’IAF évolue de plateformes héritées vers des forces connectées et perméables à la perte. Dans un contexte de compétition entre puissances, illustrée par les récents accrochages frontaliers et tensions maritimes, ce système vient combler les lacunes en endurance des frappes à longue distance, réduisant la dépendance aux munitions importées telles que l’israélien Harop.