L’inventaire des missiles supersoniques BrahMos au sein des forces armées indiennes est sur le point de dépasser le seuil des 1 500 unités. Cette progression rapide est portée par une nouvelle usine à Lucknow capable de produire jusqu’à 300 exemplaires par an, répondant à la fois à la demande intérieure croissante et aux perspectives d’exportation vers des pays alliés.
Depuis sa mise en service en 2007, le missile BrahMos est devenu une pièce maîtresse de la triade de frappes de précision de l’Inde, équipant l’armée de terre, la marine et l’armée de l’air avec plus de 1 200 missiles à ce jour, dans le cadre de contrats totalisant plus de 58 000 crores de roupies. La rupture du cap des 1 500 unités à venir est soutenue par des commandes récentes, dont un ordre naval de plus de 220 missiles évalué à 19 519 crores pour 2024, ainsi qu’un accord préliminaire à hauteur de 10 800 crores pour 110 variantes aéroportées attendu en août 2025.
Cette montée en puissance garantit une disponibilité opérationnelle continue : les batteries sol-sol protègent les côtes, plus de 20 navires de guerre sont équipés de systèmes de lancement vertical, et les escadrons de Su-30MKI de l’Inde intègrent les versions aériennes du BrahMos. Les experts estiment qu’à la mi-2026, le stock pourrait atteindre 2 000 unités, incluant les versions à portée étendue de 800 km actuellement en phase d’essais.
Le moteur de cette croissance réside dans la nouvelle usine BrahMos Aerospace implantée à Lucknow, dans l’Uttar Pradesh, sur un terrain de 200 acres. Inaugurée en mai 2025 avec un investissement initial de 300 crores, cette installation de production intégrée couvre toutes les étapes, de l’assemblage du statoréacteur jusqu’aux tests finaux. Déjà, le premier lot de missiles est sorti des lignes de fabrication en présence du ministre de la Défense Rajnath Singh et du chef du gouvernement régional Yogi Adityanath. La production aura débuté avec 80 à 100 unités par an, pour atteindre 150 missiles de la prochaine génération BrahMos-NG dès 2026, puis un total de 300 missiles par an toutes variantes confondues.
La redoutable efficacité du BrahMos a été démontrée lors de l’opération Sindoor en mai 2025. Quatorze missiles BrahMos-A lancés depuis des Su-30MKI à Mach 3 ont ciblé et anéanti 12 bases aériennes de la Force aérienne pakistanaise (PAF). Grâce à un guidage INS-GNSS d’une précision inférieure au mètre, ces frappes ont détruit pistes, dépôts de carburant et centres de commandement, immobilisant plus de 40 % des capacités aériennes pakistanaises et forçant un cessez-le-feu dans les 72 heures. L’analyse des débris a confirmé la résistance du missile au brouillage, preuve de la supériorité des systèmes embarqués, notamment du chercheur domestique développé par Data Patterns.
Le ministre de la Défense Rajnath Singh a qualifié cette opération de « tournant », soulignant que la portée étendue du missile réduit les risques pour l’aviation indienne tout en ayant un impact psychologique important. Ce succès opérationnel a non seulement validé l’augmentation des stocks, mais aussi accéléré les perspectives d’exportation : les Philippines ont déjà déployé des BrahMos côtiers et le Vietnam est engagé dans des négociations avancées.
Avec une production annuelle plafonnant à 300 unités, le programme BrahMos vise un marché d’exportation estimé à 5 00 000 crores de roupies d’ici 2030, ciblant en particulier les partenaires indo-pacifiques préoccupés par l’assertivité croissante de la Chine. L’usine de Lucknow s’adapte pour produire plusieurs variantes, notamment les versions navales à 450 km de portée et les modèles aéroportés étendus à 800 km. Par ailleurs, des synergies avec le programme Astra mené par le DRDO renforcent l’intégration multi-domaines des capacités de frappe indiennes.