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Le projet Kusha M3, nouveau missile intercepteur hypersonique développé par l’Organisme indien de recherche et de développement pour la défense (DRDO), se distingue par une remarquable miniaturisation. Malgré une portée d’engagement impressionnante de 400 km, ce missile affiche un poids plume de 1 673 kg, plus léger et compact que le missile russe 40N6E, qui pèse 1 893 kg et mesure 7,8 mètres de long.

Avec ses 9,472 mètres de long et un diamètre de 500 mm, le Kusha M3 s’intègre parfaitement dans des tubes de lancement d’un mètre de diamètre, ce qui facilite sa mobilité et son déploiement rapide. Cette conception lui confère un avantage tactique important, notamment en permettant un transport plus efficace sur des véhicules canisters plus compacts. Ce développement, issu des documents internes du DRDO, prépare le missile pour des essais utilisateurs prévus en 2027, renforçant ainsi la défense aérienne intégrée de l’Armée de l’air indienne et de l’armée de terre face aux menaces balistiques et hypersoniques.

Le poids réduit de plus de 200 kg par rapport au 40N6E permet au système de réduire les contraintes logistiques tout en maintenant une vitesse maximale de Mach 5,5. Selon un responsable du projet DRDO, « nous avons conçu une arme élégante et létale : plus petite, plus intelligente et plus mortelle ». Cette performance est rendue possible grâce à une structure composite et des boosters à propergol solide qui préservent la poussée et l’endurance du missile.

Les dimensions spécifiques du Kusha M3 contribuent à sa supériorité tactique. Sa longueur de 9 472 mm, supérieure aux 7,8 mètres du missile russe, optimise la stabilité aérodynamique à des vitesses hypersoniques, tandis que son diamètre contenu permet une intégration dans des tubes de lancement verticaux standards, comme ceux utilisés sur les plateformes navales S-400. Le volet modularité est également au cœur de sa conception : des capteurs interchangeables à guidage radiofréquence/infrarouge autorisent des reconfigurations pour des rôles variés, notamment la défense antisatellite ou la lutte contre des essaims de drones à basse altitude, tout en restant compatible avec les infrastructures existantes telles que celles du missile Akash.

Le projet Kusha, doté d’un budget d’environ 21 700 crores de roupies dans le cadre de la Mission Raksha Gyan Shakti, se déploie en trois versions progressives : M1 (150 km), M2 (250 km) et M3 (400 km). Ensemble, elles forment un bouclier continu s’étendant des menaces tactiques aux réentries de missiles balistiques intermédiaires à environ 4 km/s. La légèreté du M3 s’explique par l’utilisation de matériaux avancés comme les composites carbone-carbone et des composants électroniques en nitrure de gallium, qui permettent de réduire la masse tout en améliorant l’efficacité. Son moteur à double impulsion assure une vitesse moyenne de Mach 2,29 sur 350 km, interceptant sa cible en moins de sept minutes.

Selon les données du Research Centre Imarat (RCI) à Hyderabad, lors d’essais comparatifs avec des trajectoires simulées du missile chinois DF-26, le Kusha M3 affiche un taux de réussite de 95 %, dépassant ainsi les 80-85 % rapportés pour le 40N6E lors d’évaluations impartiales.

Cette compacité et cette mobilité accrues sont capitales dans un contexte actuel où les attaques saturantes se multiplient, comme l’a démontré l’opération Sindoor et ses vagues de drones. Le missile M3 peut être déployé rapidement en batterie de huit missiles, transportée notamment par des avions stratégiques tels que le C-17 Globemaster. Bharat Electronics Limited (BEL), principal fabricant du Kusha, prévoit une production de plus de 500 unités d’ici 2032, avec un coût unitaire estimé entre 40 et 50 crores de roupies, soit moitié moins que les importations du système russe S-400 estimées à 100 crores.

« Kusha M3 ne se contente pas d’intercepter : il anticipe, s’adapte et submerge », a affirmé l’Air Marshal A.K. Bharti, vice-chef du personnel aérien (plans) de l’IAF, lors d’un récent webinaire, soulignant par ailleurs l’intégration des radars AESA Uttam dans ce système pour une coordination réseau optimale.