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VEDA Aeronautics accélère le développement d’un système innovant de drones en essaim conçus pour des attaques de saturation, avec un accent particulier sur leur lancement depuis les airs. S’appuyant sur les enseignements tirés du conflit russo-ukrainien, l’Armée de l’air indienne (IAF) étudie activement l’intégration de ces munitions rôdeuses à longue portée à bord d’avions de transport, ce qui pourrait transformer les opérations de frappe sans pilote dans des zones contestées telles que la Ligne de Contrôle (LoC) avec le Pakistan et la Ligne de Contrôle Réelle (LAC) avec la Chine.

Selon des sources proches du dossier, ce système affiche une autonomie opérationnelle impressionnante d’environ 1 000 km, permettant à ces drones « kamikazes » de submerger les défenses aériennes ennemies grâce à des tactiques d’essaim coordonnées. Ce développement, révélé pour la première fois en septembre, marque une avancée majeure dans la stratégie indienne pour la guerre autonome, où des essaims pourraient assurer une surveillance continue, des opérations de guerre électronique et des frappes cinétiques précises sans exposer de moyens habités.

Le système de drones en essaim de VEDA utilise des munitions rôdeuses – des drones autonomes patrouillant une zone définie avant d’attaquer des cibles de haute valeur comme des centres de commandement, des installations radar ou des colonnes blindées. La version lancée depuis les airs envisagée permettrait un déploiement massif à partir des portes arrière d’avions de transport, facilitant ainsi une saturation rapide des positions adverses sur de grandes distances. Les plates-formes exactes sont encore à l’étude, mais des avions polyvalents tels que le C-130J Super Hercules, le C-295M indigène ou le lourd transporteur IL-76 sont pressentis. Un mécanisme de lancement spécialisé, potentiellement basé sur des rails ou des éjecteurs pneumatiques, est en phase de conception pour assurer une intégration fluide sans modification majeure de la cellule.

L’intérêt de l’IAF découle directement des validations opérationnelles observées en Ukraine, où des essaims de drones abordables ont neutralisé des systèmes sophistiqués comme les équivalents russes du S-400 en jouant sur la quantité et la difficulté d’interception. L’équipe de VEDA travaille depuis plusieurs mois à l’amélioration de ce concept, intégrant une autonomie pilotée par intelligence artificielle pour des missions variées allant de leurres à des attaques synchronisées. Les premiers prototypes s’appuient sur la munition rôdeuse Sureshastra Mk1 déjà livrée à l’IAF, dotée de capacités innées de coordination d’essaim pour saturer les défenses aériennes.

Ce n’est pas la première incursion de VEDA dans les systèmes sans pilote. Basée à Bengaluru, la société possède une solide expérience dans la fourniture d’UAV éprouvés au combat, de pseudo-satellites à haute altitude (HAPS) et de solutions anti-drones aux forces armées indiennes. Leur récente présentation lors de Milipol India 2025 a mis en avant des capacités indigènes prometteuses pour l’export, renforçant les collaborations avec le DRDO et des acteurs majeurs du secteur privé.

Dans des affrontements frontaliers sensibles où la supériorité aérienne est disputée, les essaims lancés depuis les airs peuvent constituer une rupture tactique. Déployés à distance de sécurité, ces drones peuvent pénétrer profondément en territoire adverse – jusqu’à 1 000 km – tout en fournissant du renseignement en temps réel et en échappant aux interceptions grâce à des conceptions discrètes et des mesures électroniques de contre-mesure. Dans les terrains escarpés du LAC ou sur les fronts instables du LoC, cela représente une solution à faible risque pour des missions de suppression des défenses aériennes ennemies (SEAD), libérant ainsi des chasseurs comme le Rafale ou le Tejas pour des attaques offensives.

La modularité du système permet d’équiper les drones de charges utiles hybrides : ogives explosives pour des frappes, capteurs pour l’intelligence, surveillance et reconnaissance (ISR), voire brouilleurs non létaux pour perturber les communications. Les analystes soulignent que ces capacités s’inscrivent dans les doctrines plus larges de l’IAF, notamment la création d’une Force Intégrée de Drones, et pourraient se combiner avec des plate-formes existantes telles que le MQ-9B Reaper ou les UCAV Ghatak indigènes. L’aspect économique est également un atout majeur : les essaims démocratisent les frappes de précision, rendant possible des opérations à fort impact sans recourir à des missiles multimillionnaires.