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Le missile de croisière supersonique BrahMos, fleuron de l’exportation indienne en matière de défense, s’apprête à conquérir un nouveau marché. Selon plusieurs médias indonésiens, l’Indonésie est en passe de devenir le deuxième client international, après les Philippines. Un contrat de 450 millions de dollars, incluant des variantes côtières et navales ainsi qu’un transfert technologique pour une production locale, aurait été conclu avec le partenaire local BTI Defence.

Le ministre indien de la Défense, Rajnath Singh, a récemment évoqué la signature de contrats d’une valeur totale de 4 000 crores de roupies (environ 450 millions d’euros) avec deux pays non identifiés, après celui des Philippines. Bien que les négociations avec au moins cinq à six pays soient en cours, aucune confirmation officielle n’est attendue avant le début des livraisons, prévues entre 2027 et 2028.

Cette annonce a fait grand bruit suite au discours de Rajnath Singh le 19 octobre à Lucknow, lors du lancement de la première série de missiles BrahMos fabriqués dans une nouvelle usine. Il avait alors souligné le rôle essentiel de ce système dans la stratégie Atmanirbhar Bharat visant à renforcer l’autonomie stratégique de l’Inde. « L’équipe BrahMos a signé des contrats d’environ 4 000 crores de roupies avec deux pays au cours de la dernière année, » a-t-il déclaré, en mettant en avant les performances éprouvées du missile lors de l’« Opération Sindoor ». Aucun nom n’a été dévoilé, ouvrant la voie à de nombreuses spéculations en Asie du Sud et du Sud-Est, où la portée d’exportation limitée à 290 km par le régime du MTCR confère au BrahMos un avantage certain pour les frappes anti-navires et contre des cibles terrestres.

Les médias basés à Jakarta, repris par plusieurs sources spécialisées en début d’année 2025, désignent l’Indonésie comme un client potentiel majeur. Le contrat, évalué à 450 millions de dollars, comprendrait trois à quatre batteries côtières, leurs lanceurs ainsi que des simulateurs d’entraînement. Cette vente s’appuierait sur le partenariat avec BTI Defence, filiale de PT Pindad, entreprise publique indonésienne spécialisée dans l’armement, afin de permettre l’assemblage et la maintenance locale du système. Ces négociations, amorcées dès 2010, ont gagné en intensité à la lumière des tensions persistantes autour des îles Natuna face à la Chine, où le BrahMos pourrait complémenter les forces indigènes dans la défense de l’archipel.

Un rapport de Defence Security Asia daté du 20 octobre détaille les spécificités de l’offre : un dispositif hybride combinant la précision du BrahMos avec le volume de feu de missiles chinois CM-302 (exporté sous la désignation YJ-12), en attente d’une validation du ministère indonésien de la Défense. Cette configuration dite « Indo-Combo » tirerait parti des technologies de guidage indiennes et du savoir-faire chinois en matière de propulsion ramjet, bien que la pression politique américaine en faveur d’une diversification des sources d’armement ajoute un élément de complexité à ce rapprochement.

Par ailleurs, certains analystes rappellent que les discussions concernant l’exportation du BrahMos concernent plusieurs autres pays, dont le Vietnam, les Émirats Arabes Unis ou l’Afrique du Sud. Ainsi, les deux contrats récemment signés pourraient relever de combinaisons diverses. Le précédent, signé avec les Philippines en 2022 pour un montant de 375 millions de dollars, couvrait la livraison de neuf missiles, trois batteries et un support complet sur le cycle de vie, avec un acheminement par voie aérienne réalisé en 2024.

Depuis l’« Opération Sindoor » de septembre 2025, une frappe de précision ayant neutralisé des actifs pakistanais, les sollicitations pour le BrahMos se sont multipliées, provenant d’une douzaine de pays au moins. Cette coentreprise indo-russe, dont 80 % de la valeur ajoutée est indienne, vise désormais un chiffre d’affaires annuel de 2 milliards de dollars, selon Atul Rane, PDG de BrahMos Aerospace. Les deux contrats récemment signés, d’un montant total de 455 millions de dollars, devraient s’aligner sur le modèle philippin et concerner des systèmes côtiers à portée d’exportation (290 km), ainsi que des intégrations navales destinées aux frégates futures.